Ille-et-Vilaine : Pour éviter le gaspillage, ils glanent des fruits chez des particuliers

INITIATIVE A Vitré, l’association Tous au verger organise des cueillettes depuis près de deux ans

Jérôme Gicquel
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A Vitré, les membres de l'association Tous au verger s'invitent chez des particuliers pour cueillir des fruits non ramassés.
A Vitré, les membres de l'association Tous au verger s'invitent chez des particuliers pour cueillir des fruits non ramassés. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • A Vitré, l’association Tous au verger s’invite chez des particuliers pour cueillir des fruits non ramassés.
  • En pratiquant le glanage, ses membres cherchent à réduire le gaspillage.
  • La démarche se veut aussi solidaire puisqu’une partie de la récolte est distribuée à une épicerie sociale.

Un récipient à la main, ils sont une bonne douzaine à avoir répondu à l’appel de l’association Tous au verger ce mercredi à Vitré (Ille-et-Vilaine). Leur savoureuse mission de l’après-midi : cueillir des framboises dans les jardins du monastère Saint-Nicolas, situé à deux pas du château de la ville. Cela fait maintenant près de deux ans que l’association organise des récoltes de fruits sur le domaine public ou dans les jardins et vergers de particuliers du Pays de Vitré.

Inspirée d’autres associations comme Fruimalin à Dijon ou les Marteaux du jardin à Saint-Malo, Tous au verger est née du constat que « beaucoup de fruits sont gaspillés car ils ne sont pas ramassés », souligne son cofondateur Benoît Brault. Par manque de temps, d’envie, de condition physique ou tout simplement parce qu’ils en ont trop, certains propriétaires laissent pourrir quantité de fruits dans leur jardin ou leur verger. « Ce serait quand même dommage de laisser autant de fruits se perdre », indique Marie-Line, une jeune retraitée qui participe à sa première cueillette.

Du glanage et non du maraudage

Pour lutter contre le gaspillage, les bénévoles de l’association pratiquent donc le glanage, une pratique ancestrale à ne pas confondre avec le maraudage, qui est considéré comme du vol. « On ne s’introduit pas par effraction chez les gens, assure Benoît Brault. On intervient à leur demande ou alors on sonne chez eux, on leur explique notre démarche et très souvent ils nous ouvrent volontiers leurs portes ».

Chaque semaine ou presque, les glaneurs vitréens se retroussent les manches pour cueillir des kilos de poires, de prunes, de cerises ou autres fruits de saison. « On divise ensuite la récolte avec une partie pour le propriétaire, une autre pour les bénévoles et on redistribue enfin le reste à une épicerie solidaire », précise Benoît Brault. Les pommes, qui ne manquent pas dans le coin, sont quant à elles pressées pour en faire un jus anti-gaspi, vendu ou distribué dans les environs.

L’association cherche à préserver des variétés locales de pommes

En plus d’être écologique et solidaire, la démarche de Tous au verger favorise aussi le lien social et la convivialité entre habitants. « On découvre aussi des endroits auxquels on n’aurait pas eu accès autrement », ajoute Marie-Line.

En parallèle des cueillettes, l’association a également signé une convention avec la ville de Vitré pour exploiter et entretenir trois vergers implantés sur le domaine public. Elle y propose des ateliers taille et greffe et espère, à terme, contribuer à la préservation et à la valorisation de variétés locales un peu oubliées.