Paris : Les toxicomanes du jardin d’Eole évacués vers la porte de la Villette

CRACK Les toxicomanes seront conduits vers la place Auguste Baron, plus éloignée des habitations

C.Po.
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Les toxicomanes ont été évacués du jardin d'Eole mais restent dans le quartier
Les toxicomanes ont été évacués du jardin d'Eole mais restent dans le quartier — LIONEL URMAN/SIPA

Le bras de fer entre la maire de Paris, Anne Hidalgo, et le préfet de police, Didier Lallement, s’intensifie. Ce dernier a annoncé ce vendredi avoir pris la décision d’évacuer, dans la journée, les toxicomanes accros au crack qui stagnent depuis le début de l’été aux abords des Jardins d’Eole, à la lisière des 10e et 18e arrondissements. « La physionomie de voie publique se dégrade chaque jour, les riverains sont en grande difficulté, et il faut constater que les lieux d’accueil prévus par la mairie de Paris ne seront pas opérationnels avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois », précise le haut fonctionnaire dans son communiqué.

Les toxicomanes seront conduits, en bus, dans le courant de la matinée vers la place Auguste Baron, porte de la Villette. « Un secteur sans riverain », précise Didier Lallement. Ce lieu d’évacuation avait déjà été proposé à Anne Hidalgo début juillet lorsqu’elle avait décidé – contre l’avis de la préfecture – d’interdire l’accès des Jardins d’Eole aux « crackeux », une proposition qu’avait alors rejetée la maire de Paris, estimant qu’elle ne faisait que déplacer le problème. Cette fois, le préfet indique agir « à la demande du ministre de l’Intérieur ».

Salles de shoot

« Le préfet de police est conscient que cette solution demeure temporaire, et elle est nécessaire car elle entraîne une occupation de l’espace public moins pénalisante que celle de la rue Riquet », rue étroite et passante, à proximité d’écoles, précise le communiqué. Des aménagements – notamment un accès à l’eau et des sanitaires – ont été entrepris dans ce secteur de la porte de la Villette. Un renforcement du dispositif policier est également prévu.

Mi-septembre, après un été de confrontation entre le gouvernement et la mairie de Paris, le Premier ministre, Jean Castex, a donné son feu vert pour l’ouverture de nouveaux lieux de prise en charge des toxicomanes, parmi lesquelles les « salles de shoot ». Celles-ci ne seront néanmoins pas accessibles avant, au plus tôt, la fin de l’année.

« Le problème déplacé aux portes de la Seine-Saint-Denis »

Dans un communiqué, la maire de Paris Anne Hidalgo a rappelé que « cette évacuation ne doit pas conduire à la reconstitution d’un nouveau supermarché du crack dans un autre lieu à Paris ou dans une commune voisine. Le préfet de Police doit faire de la lutte contre les trafics de stupéfiants et de la garantie de la sécurité des riverains ses priorités absolues. »

Le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis ne décolère pas après cette évacuation. « Je n’accepte pas la méthode choisie qui consiste à simplement déplacer le problème aux portes de la Seine-Saint-Denis !, souligne Stéphane Troussel. Je ne l’accepte pas sur la forme, car je considère que le territoire de la Seine-Saint-Denis, et notamment les villes d’Aubervilliers et de Pantin à proximité immédiate de la Place Auguste-Baron, connaissent déjà un grand nombre de difficultés qui requièrent toute l’attention et la mobilisation des autorités publiques. »