Aides à domicile : « Oubliés » du Ségur, des travailleurs manifestent à Paris

REVENDICATIONS Contrairement à leurs collègues salariés dans des hôpitaux ou des Ehpad, ces travailleurs n’ont pas eu droit à la prime Covid de 183 euros

20 Minutes avec AFP
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Des travailleurs des secteurs du sanitaire, social, médico-social et de l'aide à domicile  manifestent à Paris, le 8 avril.
Des travailleurs des secteurs du sanitaire, social, médico-social et de l'aide à domicile manifestent à Paris, le 8 avril. — ISA HARSIN/SIPA

Ils estiment être les « oubliés » du Ségur de la santé. Une cinquantaine de salariés du secteur de l’aide et des soins à domicile ont manifesté jeudi devant le ministère des Solidarités à Paris, a constaté une journaliste de l’AFP. « Dans les hôpitaux, les Ehpad », les professionnels du soin « ont tous eu le droit à la prime Covid de 183 euros », relève Félicité, 50 ans, une aide à domicile salariée par un centre d’action sociale de la ville de Paris.

« Nous exerçons le même travail, nous avons le même employeur, mais on n’a rien touché », déplore-t-elle. Au plus fort de l’épidémie, ces travailleurs de deuxième ligne constituaient parfois le seul lien avec l’extérieur pour les personnes en situation de dépendance, fait-elle valoir.

« Leurs indemnités kilométriques sont faibles »

Sur les banderoles déployées devant le ministère de la Santé, un grand « OUI » surplombait les termes de « dignité », « meilleures conditions de travail » et « augmentation des salaires ». En grande majorité des femmes, les aides à domicile travaillent souvent à temps partiel. « Leurs indemnités kilométriques sont faibles, et le temps de transport et d’attente entre les logements des différents bénéficiaires n’est pas pris en compte », affirme Stéphane Fustec, de la CGT Commerce et Services, qui a appelé à ce rassemblement.

« Les accidents du travail y sont trois fois plus courants que dans les autres secteurs », assure-t-il.

Sous le seuil de pauvreté

Les professionnels de l’aide et des soins à domicile sont dans l’attente de revalorisations de salaires, le gouvernement ayant approuvé début avril un accord de branche qui doit se traduire par des hausses de 13 à 15 % à partir du 1er octobre.

Une hausse encore « insuffisante », selon Stéphane Fustec, qui souligne qu’une part non négligeable de ces travailleurs vit sous le seuil de pauvreté.