Chanteloup-Les-Vignes : Un ou deux ans de prison ferme après une nuit d’émeutes et l’incendie d’un chapiteau

CONDAMNATIONS Quatre hommes ont été condamnés jeudi après une nuit de 2019 qui avait vu l’incendie d’un cirque installé dans la ville des Yvelines

20 Minutes avec AFP
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Le cirque de Chanteloup-les-Vignes avait été incendié au début du mois de novembre 2019.
Le cirque de Chanteloup-les-Vignes avait été incendié au début du mois de novembre 2019. — Michel Euler/AP/SIPA

De la prison ferme après une nuit d’émeutes qui avait marqué les esprits. Quatre jeunes hommes, jugés pour leur implication dans une nuit d’émeute en 2019 à Chanteloup-Les-Vignes (Yvelines), où un chapiteau de cirque avait brûlé, ont été condamnés à un ou deux ans de prison ferme, jeudi à Versailles.

Le parquet avait requis de cinq à sept ans de prison ferme à l’encontre des quatre prévenus, âgés de 20 à 25 ans.

Indemniser la ville

Trois d’entre eux se sont vus infliger une peine de cinq ans de d’emprisonnement, dont trois avec sursis, pour leur implication dans l’incendie d’une école de cirque. Ils sont également condamnés à indemniser la ville de Chanteloup-les-vignes à hauteur d’un million d’euros.

Pour un quatrième, seuls les faits de violences ont été retenus : il a été condamné par le tribunal correctionnel à trois ans d’emprisonnement dont deux avec sursis. Tous ont interdiction de se rendre à Chanteloup-Les-Vignes durant les quatre prochaines années. Ils devront également s’acquitter de dommages et intérêts réclamés par les policiers.

« La plus grande fermeté »

La procureure de la République, Nathalie Ienny, avait réclamé « la plus grande fermeté », en mettant en avant les violences contre les forces de l’ordre. Des évènements qui, selon elle, s’apparentent à « une tentative d’appropriation du territoire par une partie des habitants » et « une attaque de la République et de l’ordre ».

« Moins le parquet a de preuves, plus le parquet se comporte en rouleau compresseur », avait lancé pour la défense Me Isabelle Felenbok, plaidant la relaxe pour son client de 25 ans, Ylliass. L’ADN du jeune homme avait été retrouvé sur une canette de bière qui aurait servi de cocktail Molotov, ainsi que sur des projectiles, selon les éléments de l’enquête évoqués à l’audience. Mais l’avocate a contesté notamment le lieu de découverte et la méthode de conservation de ces derniers, l’ADN pouvant être volatile, a-t-elle dit.

« On ne condamne pas sur des hypothèses »

« On ne condamne pas sur des hypothèses », avait également plaidé Me Bianca Ray, pour un autre prévenu de 23 ans, Sara, dont elle avait demandé la relaxe, assurant que « rien ne permet de le relier à ces émeutes ».

Le 2 novembre 2019, des forces de l’ordre avaient été prises à partie « par une trentaine de jeunes », selon le récit mercredi d’un des policiers au procès, évoquant « une scène de guérilla ». Elles avaient essuyé des jets de projectiles et des tirs de mortiers d’artifice jusqu’à 23H00 dans le quartier de la Noé, à Chanteloup-les-Vignes, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Paris.

Dans la même soirée, un incendie d’origine criminelle avait dévasté l’école de cirque appartenant à la Compagnie des contraires, une association implantée depuis près de trente ans dans cette ville. Les quatre prévenus avaient tous nié avoir été impliqués dans l’incendie du chapiteau.

A l’époque, l’affaire avait provoqué de vives réactions politiques. Trois ministres s’étaient rendus sur place et le Premier ministre d’alors, Edouard Philippe, avait parlé d'« actes criminels » causés par une « petite bande d’imbéciles et d’irresponsables ».