Education nationale : 4 % à 6 % de grévistes selon le ministère, 15 % à 32 % selon les syndicats

ENSEIGNANTS Cette première journée nationale de grève dans l’Education nationale pour demander « un plan d’urgence » se tient à l’appel de l’intersyndicale CGT, FSU, FO et SUD

20 Minutes avec AFP
— 
Grève des enseignants le 19 mars 2019 à Marseille.
Grève des enseignants le 19 mars 2019 à Marseille. — Boris HORVAT / AFP

A la mi-journée, le taux de grévistes dans l’Education nationale était de 3,96 % dans le primaire et 6,19 % dans le secondaire, selon le ministère, 15 % et 32 % d’après les syndicats.

Cette première journée nationale de grève dans l’Education nationale depuis la rentrée scolaire pour demander « un plan d’urgence » se tient à l’appel de l’intersyndicale CGT, FSU, FO et Sud. Des manifestations sont prévues dans différentes villes de France, à Paris dès 13h30.

Un taux qui « ne reflète pas le mécontentement actuel »

Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, assure que « ce taux de 15 % d’enseignants grévistes ne reflète pas le mécontentement actuel. La crise sanitaire, les fermetures de classe en cas de Covid et la rentrée encore proche font que les enseignants ne sont pas très engagés, car ils ne veulent pas pénaliser les familles », assure-t-elle. La situation est « disparate » selon les académies mais « on constate par exemple qu’en Seine-Saint-Denis, le taux de grévistes monte à 25 % aujourd’hui », assure-t-elle.

Pour Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire (collèges et lycées), le taux de gréviste (32 %) « montre que les enseignants sont prêts à agir et à se mobiliser, même en temps de rentrée scolaire ». « Le bilan de ce quinquennat sous Blanquer ne passe pas, assure Sophie Vénétitay. Toutes ces actions de rentrée traduisent la colère, l’amertume et l’agacement après cinq années très difficiles pour les personnels, confrontés à une avalanche de mesures qui ont dénaturé leurs métiers et affaibli le service public d’Éducation ».

« Les annonces de Macron, c’est une provocation »

Selon Sophie Vénétitay, « ces professeurs, CPE, PsyEN, AESH et AED sont en grève pour exiger un plan d’urgence pour l’éducation ». A Marseille, c’est un cortège de plusieurs centaines d’enseignants qui s’est élancé en fin de matinée, en direction de la préfecture, trois semaines après les promesses d’Emmanuel Macron de construire « l’école du futur » dans la cité phocéenne.

« Abandon du projet d’expérimentation Macron, ni à Marseille ni ailleurs », pouvait-on lire sur une banderole brandie par Laurence Rouvière, institutrice dans une école primaire du 14e arrondissement. Pour cette enseignante, syndiquée chez FO, « les annonces de Macron, c’est une provocation. Il sous-entend que les enseignants ne sont pas assez motivés. Moi ça fait 16 ans que je travaille dans les quartiers Nord [de Marseille], si je n’étais pas motivée, j’aurais arrêté », a ajouté cette professeure des écoles.