Lyon : Quel métro sera réalisé après 2026? La consultation est lancée

TRANSPORTS EN COMMUN Les habitants de la métropole de Lyon seront amenés à se prononcer sur quatre projets tout aussi essentiels les uns que les autres

Caroline Girardon
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Lyon, le 14/09/2015. Dans le métro à Lyon, sur la ligne A.
Lyon, le 14/09/2015. Dans le métro à Lyon, sur la ligne A. — Elisa Frisullo / 20 Minutes

Le choix s’annonce cornélien. La consultation publique autour du développement du réseau métro dans l’agglomération lyonnaise après 2026 a été lancée ce mardi. Quatre projets (voir l’encadré) sont en compétition, bien que le Sytral assure ne « pas vouloir opposer les territoires ». En réalité, il faudra trancher, ce qui risque de susciter des frustrations, tous ayant un intérêt.

« Il ne s’agira pas pour les citoyens de voter pour l’un des quatre, annonce Jean-Charles Kohlhaas, vice-président à la métropole de Lyon en charge des mobilités. L’objectif est qu’ils puissent s’exprimer, suggérer des idées qui nous permettront ensuite de choisir lequel relève le plus de l’intérêt général ». Rien n’est donc acté.

« L’une des questions est de savoir s’il faut encore développer le métro. Nos prédécesseurs n’ont pas fait ce choix-là, constate Bruno Bernard, le président de la métropole et du Sytral. La dernière ligne remonte à 1991. Depuis 30 ans, il y a quelques prolongements de lignes mais pas de nouvelles créations, le choix a été de favoriser d’autres moyens de transport plutôt que le métro. » Et d’ajouter : « L’extension d’un métro est liée à un développement urbain très fort. Notre vision n’est pas d’encourager l’étalement urbain mais d’aller désenclaver les zones déjà densifiées. »

« J’étais réservé sur le métro E, aujourd’hui mon avis a évolué »

Compte tenu des prévisions démographiques et de l’augmentation des prix de l’immobilier forçant les ménages à s’expatrier en première voire en deuxième couronne de Lyon, le développement du réseau métro risque pourtant bien de se révéler indispensable. Mais, toute la problématique sera de « trouver un consensus » puisque la réalisation des quatre projets dans leur intégralité pourrait prendre « 40 à 50 ans ». « Un métro se compte en milliards d’euros », rappelle Bruno Bernard, qui semble avoir revu sa position sur la création de la ligne E : « J’étais réservé, aujourd’hui mon avis a évolué. Oui, c’est possible qu’on le fasse. »

Dès lors comment trancher sachant que les maires et habitants des territoires concernés défendront logiquement leur pré carré ? « Il s’agira d’étudier combien ça coûte par voyageur de gagné et par minute de trajet de gagné mais pas seulement, répond le président du Sytral. On étudiera les alternatives possibles, on verra quelles communes acceptent également de participer au financement car la métropole et le Sytral ne peuvent pas tout prendre à leur charge. » « Il faudra aussi que les communes acceptent de construire des milliers de logements sur les zones autour du métro », prévient Jean-Charles Kohlhaas. Sans cela, elles pourraient bien dire adieu au projet qu’elles défendent.

Pour participer à la consultation, rendez-vous sur la plateforme : consultation-metro-sytral.fr. Un forum de clôture sera organisé à la mi-décembre. Les élus du Sytral se prononceront sur les suites à donner au printemps 2022.

Les quatre projets soumis à la concertation :

  • Ligne A : prolongement du Carré de Soie à Vaulx-en-Velin jusqu’au quartier de la Soie à Meyzieu. La réalisation de ce projet, qui permettrait de « faciliter les liaisons avec le Nord-Isère », est estimée entre 1,6 et 1,7 milliard d’euros. Selon les études, la ligne transporterait entre 48.000 et 49.000 voyageurs supplémentaires par jour.
  • La Ligne B : prolongement vers le Nord de l’agglomération lyonnaise entre le quartier des Charpennes à Villeurbanne et le plateau de Rillieux-la-Pape. Coût budgété : 2,2 à 2,7 milliards d’euros. Entre 62.000 et 81.000 voyages de plus par jour.
  • La Ligne D : prolongement jusqu’à la Duchère. L’objectif annoncé : « améliorer la desserte du plateau de la Duchère et réduire les embouteillages dans le quartier de Vaise ». Coût estimé : 1 à 1,2 milliard d’euros pour 33.000 à 47.000 voyages supplémentaires par jour.
  • La ligne E : création d’une nouvelle ligne entre Tassin-la-demi-Lune et Bellecour ou le quartier de la Part-Dieu de Lyon. L’objectif : « améliorer les liaisons avec les communes de l’Ouest lyonnais et desservir les secteurs d’habitation entre Tassin et Bellecour mais aussi offrir une alternative performante à la voiture dans un secteur congestionné ». Coût estimé entre 1,5 et 2 milliards d’euros. Cette ligne permettrait de transporter 64.000 voyageurs au quotidien et 102.000 si elle va jusqu’à la Part-Dieu.