Marseille: Dix places pour le logement d'urgence des étudiants à la rue

CROUS Ce nouveau dispositif d’hébergement temporaire vise à accompagner et trouver des solutions pour les étudiants à la rue

Caroline Delabroy
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Une étudiante apporte des sacs d'aide alimentaire dans une résidence universitaire de Marseille, en novembre 2020
Une étudiante apporte des sacs d'aide alimentaire dans une résidence universitaire de Marseille, en novembre 2020 — NICOLAS TUCAT / AFP

Le dispositif est présenté par la ville de Marseille comme « inédit ». Pour cette rentrée universitaire, sur les 5.000 places en résidence étudiante, dix logements gratuits en résidence universitaire sont réservés aux étudiants en situation d’urgence à la suite d’une rupture familiale ou de la perte d’un emploi. Et ce pour une durée limitée, le temps de trouver une solution durable grâce à un accompagnement social individualisé.

« C’est le produit de la réflexion que nous avons eue durant la crise sanitaire, avec des étudiants en très grande difficulté, avance Marc Bruant, directeur général du Crous Aix-Marseille-Avignon. Il ne s’agit pas de garantir un logement pérenne mais de jouer le rôle d’hébergement temporaire. On veut pouvoir abriter et accompagner les étudiants qui se retrouvent à la rue. »

Une adresse mail mise en place

Les places réservées se situent dans la cité universitaire Claude Delorme, dans le 14e arrondissement, proche du campus Saint-Jérôme et totalement réhabilitée. Les draps sont fournis, de même que la vaisselle. « On a une admission qui prévoit une semaine renouvelable deux à trois fois, l’objectif est de trouver une solution », continue Marc Bruant. Une adresse mail (logement.urgence@crous-aix-marseille.fr) a été mise en place. Elle n’a encore reçu pour le moment aucune demande.

Des sollicitations d’étudiants sans logement, Max Brouwer, étudiant en droit et président de la fédération Aix-Marseille Interasso, en reçoit plusieurs par semaine. « J’en ai accompagné beaucoup l’an passé, on se retrouve impuissant, témoigne-t-il. Je ne doute pas de la bonne intention du Crous ou de la ville, mais on est en train de marcher sur la tête. Il n’y a aucun processus à suivre, pas de liste de numéros à contacter et dans quel ordre, pas de coordination entre les institutions et encore moins d’assistantes sociales en nombre suffisant. »

« Dix logements, c’est rien », déplore de son côté Valentin Gourmet- Sanchez, président du syndicat étudiant UNEF Aix-Marseille, qui se souvient l’an passé avoir amené à l’Après-M des étudiants qui dormaient dehors dans la rue. « On est dans une situation tellement critique, rien n’est fait pour le logement étudiant. Qu’ils encadrent déjà les loyers comme à Montpellier ! » A Marseille, il faut compter en moyenne 516 euros charges comprises pour un studio, selon le site LocService.fr qui met en relation locataires et propriétaires. Sans surprise, Aix-en-Provence est plus chère : le prix moyen y est de 565 euros.