Coronavirus en Polynésie : Non, un médecin n'a pas été arrêté parce qu'il « applique le traitement du professeur Raoult »

FAKE OFF Les images de l'interpellation de Jean-Paul Théron suscitent l'émoi

20 Minutes Fake off
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Illustration de la crise sanitaire à Tahiti.
Illustration de la crise sanitaire à Tahiti. — Suliane FAVENNEC / AFP
  • Lundi matin, des gendarmes ont interpellé Jean-Paul Théron, un médecin polynésien qui défend le recours à l'hydroxychloroquine contre le Covid-19.
  • Le médecin n'a pas été interpellé en raison de ses choix médicaux, mais pour d'autres affaires en cours, a précisé le procureur de Tahiti, qui souhaitait ainsi couper court aux rumeurs liant l'arrestation aux choix médicaux du docteur. 

Partisan de l’hydroxychloroquine pour traiter les premiers signes du Covid-19, Jean-Paul Théron, un médecin polynésien, a été interpellé lundi matin par les gendarmes. L’arrestation, agitée, suscite depuis de l’émoi en ligne et de nombreuses approximations sur les raisons de cette intervention des gendarmes.

« Interpellation honteuse », a ainsi publié le compte L’Infirmier, suivi par plus de 53 000 abonnés sur Twitter. « Son crime ? Appliquer le traitement [du] professeur Raoult (Ivermectine + hydroxychloroquine). » La vidéo de l'arrestation a également été relayée par Florian Philippot, président des Patriotes, qui dénonce une « arrestation choquante » du médecin « dont le grand tort est d’appliquer le traitement du professeur Raoult ».

FAKE OFF

Jean-Paul Théron n’a pas été interpellé pour des faits liés à son activité de médecin, a tenu à préciser le procureur Hervé Leroy, dans une vidéo relayée lundi par nos confrères de Polynésie La 1ère. « Monsieur Théron est en garde à vue pour des faits de droit commun et absolument pas pour des faits liés à son activité de médecin », a rappelé le procureur.

Un clerc d’huissier a porté plainte après s’être présenté au domicile du médecin jeudi, où Jean-Paul Théron reçoit en consultation. Ce clerc aurait, ce jour-là, été ciblé par un objet, selon le procureur, ce qui a entraîné une incapacité totale de travail (ITT) de huit jours. « Une fausse agression », s’est défendu le médecin auprès de Polynésie La 1ère, en avançant que le clerc s’était présenté alors qu’il recevait des patients et à « 19h », « en dehors des heures légales ».

Placé en garde à vue

Après cette plainte, des gendarmes se sont rendus chez le médecin samedi pour l’entendre sur cette affaire. Là, les forces de l’ordre « ont été agressées verbalement », détaille Hervé Leroy.

C’est pour ces deux événements que le procureur a décidé d’envoyer les gendarmes interpeller le docteur. Les gendarmes se sont rendus au domicile du médecin dimanche, selon la chaîne locale TNTV News, mais celui-ci ne s’y trouvait pas. Ils se sont donc rendus lundi matin au centre médical de la commune de Paea, un centre monté début septembre, alors que Tahiti et la Polynésie étaient frappés par une deuxième vague de Covid-19. Après son interpellation, Jean-Paul Théron a bénéficié d’un examen médical et il a été placé en garde à vue au sein du centre hospitalier de Tahiti.

585 morts du Covid-19 en Polynésie

Jean-Paul Théron a fait partie d’un collectif demandant à ce que les médecins de ville puissent prescrire l’hydroxychloroquine. Après avoir interdit cette pratique, le gouvernement polynésien est finalement revenu sur sa décision.

Après la baisse du nombre d’hospitalisations, le confinement en vigueur à Tahiti et dans certaines îles polynésiennes depuis le 23 août est progressivement levé depuis mardi. Le couvre-feu reste en revanche en vigueur. L’archipel déplore 585 morts du Covid-19, dont les trois quarts depuis le début août.