Guerre d’Algérie : Emmanuel Macron reçoit ce lundi des Harkis pour « ouvrir le chantier de la réparation »

MEMOIRE A 10h30 le président fera un discours à l’Elysée afin de « franchir un nouveau pas dans la reconnaissance au manquement qui a été fait aux Harkis »

20 Minutes avec AFP
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Une cérémonie lors de la journée nationale d'hommage aux Harkis, à Rivesaltes le 25 septembre 2019 (illustration).
Une cérémonie lors de la journée nationale d'hommage aux Harkis, à Rivesaltes le 25 septembre 2019 (illustration). — Alain ROBERT

La France se rapproche de la reconnaissance de sa responsabilité dans la souffrance des Harkis. Pour cela, Emmanuel Macron préside ce lundi une réception consacrée à ces anciens combattants aux côtés de l’armée française durant la Guerre d’ Algérie. Celle-ci se tient cinq jours avant la journée nationale d’hommage aux Harkis, qui est célébrée tous les 25 septembre depuis 2003.

Ont été invitées à l’Elysée quelque 300 personnes : des Harkis, qui sont désormais très âgés, soixante ans après la fin du conflit, mais aussi leurs descendants, des responsables d’associations et des personnalités. Le temps fort sera, à 10h30, le discours du président dans lequel il va « ouvrir le chantier de la réparation », en allant plus loin que son prédécesseur François Hollande qui, en 2016, avait reconnu « les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des Harkis ».

Le « manquement de la République française à ses propres valeurs »

« Le président considère que le travail accompli depuis soixante ans est important mais qu’il faut franchir un nouveau pas dans la reconnaissance au manquement qui a été fait aux Harkis mais aussi au manquement de la République française à ses propres valeurs », explique l’Elysée.

Les Harkis sont ces anciens combattants – jusqu’à 200.000 hommes – recrutés comme auxiliaires de l’armée française pendant le conflit qui opposa de 1954 à 1962 des nationalistes algériens à la France. A l’issue de cette guerre, une partie d’entre eux, abandonnés par Paris, ont été victimes de représailles en Algérie. Plusieurs dizaines de milliers d’autres, souvent accompagnés de femmes et d’enfants, ont été transférées en France, où ils ont été placés dans des « camps de transit et de reclassement » aux conditions de vie indignes et durablement traumatisantes.

Demande d’une revalorisation des indemnisations

Depuis, « la République a fait des pas : il y a eu diverses procédures d’indemnisation installées au fil du temps », rappelle un conseiller de la présidence. Autant de gestes jugés insuffisants par les associations, qui réclament, dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, qu’une « loi de reconnaissance de l’abandon des Harkis » soit votée d’ici « la fin de l’année ».

Les associations, qui disent représenter une communauté d’environ 400.000 personnes (Harkis et descendants), réclament également une revalorisation des indemnisations existantes. En septembre 2018, la secrétaire d’Etat aux Armées Geneviève Darrieussecq avait présenté un « plan Harkis » comprenant le déblocage de 40 millions d’euros sur quatre ans pour revaloriser les pensions des anciens combattants et venir en aide à ceux de leurs enfants qui vivent dans la précarité.