Grenoble : « Blessés » par leur évêque, ils font la grève de la quête

EGLISE Des fidèles célébrant la messe en latin n’ont pas apprécié le courrier envoyé par leur évêque

Caroline Girardon
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Illustration: un homme fait la quête à l'église.
Illustration: un homme fait la quête à l'église. — E.GRETCHEN/AP/SIPA
  • Le 2 septembre, Guy de Kerimel, archevêque du diocèse de Grenoble, a adressé un courrier aux fidèles dans lequel il fustige l’attitude de catholiques qui refusent « Le Rite Romain ».
  • Deux paroisses, qui célèbrent la messe en latin, se sont senties visées bien qu’elles ne soient jamais nommées.
  • Elles ont décidé d’entamer une grève de la quête et du denier de l’Eglise jusqu’à ce qu’elles soient reçues par l’évêque.

La guerre est déclarée. Deux paroisses iséroises, dans lesquelles la messe est célébrée en latin, ont décidé de faire la grève de la quête… Plus un seul centime ne sera versé tant que leur évêque ne les recevra pas, menacent-elles dans un communiqué envoyé à 20 Minutes.

Les fidèles de la collégiale Saint-André de Grenoble et ceux de la paroisse Notre-Dame de l’Isle à Vienne ne décolèrent pas depuis le coup de gueule de Mgr Guy de Kerimel. L’archevêque du diocèse de Grenoble s’est fâché dans un courrier du 2 septembre adressé à tout le diocèse, s’en prenant aux catholiques « qui remettent en cause la messe de Paul VI et Jean-Paul II jusqu’à la soupçonner d’invalidité ou même la déclarer telle ». « L’affaire devient grave », s’emporte l’homme d’Eglise.

« Quand certains fidèles préfèrent ́manquer la messe dominicale plutôt que de participer à̀ une liturgie approuvée par les saints Paul VI et Jean-Paul II, il y a de quoi s’inquiéter sérieusement », tempête l’évêque sans jamais nommer les deux paroisses.

« Une caricature en décalage avec la réalité »

Celles-ci, pourtant, se sont senties visées. « Ce texte nous a énormément blessés. Les quelque 500 fidèles qui fréquentent ces deux lieux de culte ne se reconnaissent absolument pas dans cette caricature qui est en décalage grave avec la réalité », déclarent-elles. Et d’argumenter : « Non, ces paroissiens ne pensent pas que la messe en forme ordinaire est invalide. Non, ces paroissiens ne refusent pas d’y communier. Non, ces paroissiens ne manquent pas la messe dominicale lorsqu’ils n’ont pas la forme extraordinaire. Non, ils ne pensent pas que les prêtres ordonnés par notre évêque ne sont pas prêtres. »

Selon les « rumeurs », l’évêque aurait décidé d’écarter les deux prêtres célébrant la messe en latin dans lesdites paroisses. Ce que refusent les fidèles s’étant regroupés au sein d’une association, l’Afsan. « Alors qu’on déplore le manque de vocations, le diocèse peut-il vraiment se priver de deux prêtres ? », questionnent-ils, dénonçant une « démarche brutale ».

L’ultimatum est posé : obtenir une rencontre « immédiate » ou bien la grève de la quête et du denier de l’Eglise. « Monseigneur de Kerimel n’a pas visité nos communautés depuis sept ans. Il n’a pas répondu à la centaine de mails et de lettres demandant une rencontre avec lui. Nous lui demandons publiquement une rencontre immédiate pour qu’il comprenne ce qu’est réellement cette communauté et qu’il nous donne des gages sur le maintien de nos prêtres », concluent-ils.

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