Toulouse : Entre l'aéro-bashing et « l'avion vert », ils cherchent d'autres pistes d'atterrissage

ASSISES AVIATION Le collectif « Pensons l’aéronautique pour demain » organise jusqu’à dimanche les assises de l’aviation, pour trouver un plan B à l’avion vert, et concilier environnement et transports

Béatrice Colin
— 
Un avion au soleil couchant
Un avion au soleil couchant — Pixabay

Ils ne veulent pas interdire les trajets en avion, ni stopper la production d’appareils neufs qui a fait de Toulouse la capitale européenne du secteur aéronautique. Mais entre les militants de l’aéro-bashing et les industriels du secteur pro « avion vert », un collectif a décidé de plancher sur des alternatives permettant de réconcilier l’emploi et l’environnement dans la région toulousaine, en diversifiant sa mono industrie.

Eux, ce sont des ingénieurs de l’aéronautique, des riverains, mais aussi des syndicalistes. Tous sont membres de « Pensons l’aéronautique pour demain » (PAD) qui, jusqu’à dimanche, organisent dans la Ville rose les assises de l’aviation. « Notre collectif est une force car nous n’avons pas tous la même vision du monde et de cette problématique. Nous ne sommes pas contre l’avion et nous ne pensons pas aussi que la technologie va tout sauver. Nous voulons avant tout trouver des solutions pour que l’avion soit soutenable et que ses nuisances soient réduites », pose Romain Morizot, un membre du PAD.

Au fil du week-end, des spécialistes de la question viendront débattre de l’impact de l’aviation sur le climat ou encore des nouveaux modes de voyage. Avec le réchauffement climatique, l’avion est devenu la cible de nombreuses critiques. Et l’obligation de réduire l’empreinte carbone s’impose désormais comme une nécessité selon le dernier rapport du GIEC.

Anticiper la baisse du trafic

« Or l’avion vert ne peut pas être la réponse unique, d’autant qu’il est annoncé un avion zéro émission uniquement d’ici 2050. Or, c’est maintenant qu’il faut commencer à agir, or pour l’instant il n’y a pas de plan B. Il faut aussi anticiper la baisse du trafic, car le prix de l’énergie va augmenter et mécaniquement celui du billet. Il faut réfléchir à la reconversion des salariés et de leurs savoir-faire », plaide Bruno Jougla, salarié d’un grand groupe aéronautique.

Le collectif a déjà sorti un rapport et compte sur les échanges de ce week-end pour voir émerger de nouvelles propositions.