Nantes : La croissance des entreprises du numérique désormais freinée par le manque de candidats

EMPLOI Confrontée à de forts besoins de développement, les entreprises nantaises du digital se mobilisent pour tirer leur épingle du jeu et trouver enfin les recrues qui leur manquent

Frédéric Brenon
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Les dirigeants de start-up nantaises et représentants de Nantes métropole ont lancé ce vendredi un plan d'actions favorisant le recrutement dans la filière numérique.
Les dirigeants de start-up nantaises et représentants de Nantes métropole ont lancé ce vendredi un plan d'actions favorisant le recrutement dans la filière numérique. — F.Brenon/20Minutes
  • Les entreprises du digital ont le vent en poupe mais ne trouvent pas suffisament de candidats pour répondre aux besoins de recrutements.
  • Différents profils, juniors et expérimentés, sont recherchés. Le métier le plus recherché étant celui de développeur.
  • Un plan d'actions en partenariat avec Nantes métropole est lancé ce vendredi afin de séduire les futurs recrues.

Elles s’appellent Doctolib, IAdvize, Akeneo, Allovoisins, Shopopop, Teester, Lengow ou Gens de confiance… En quelques années, ces start-up basées à Nantes sont devenues des fiertés de la filière numérique française. Mais, aujourd’hui, elles partagent toutes la même difficulté : trouver des candidats formés en nombre suffisant pour répondre aux forts besoins de recrutement. La problématique est telle que leur impressionnante croissance est désormais « freinée » par cette « pénurie de compétences ».

A Nantes, troisième vivier d’emplois du numérique derrière Paris et Lyon, plus d’un millier de postes seraient ainsi actuellement non pourvus. Et la dynamique ne semble pas près de s’arrêter. Spécialiste de la relation client en ligne, IAdvize souhaite ainsi recruter une « quarantaine de personnes dans les mois qui viennent », Doctolib, qui facilite les rendez-vous des professionnels de santé, confie avoir besoin de « 20 postes supplémentaires par mois »… Chez Gens de confiance, réseau de petites annonces, dix postes sont actuellement ouverts. « On a deux salariés à temps plein dont la mission est de chasser les compétences. Le recrutement est quasiment devenu notre priorité numéro une », se désole Nicolas Davoust, le cofondateur.

Un plan d’actions pour se faire remarquer

« On arrive aujourd’hui à notre troisième génération de start-ups et on traverse une crise de croissance, analyse Anaïs Vivion, présidente de la French Tech Nantes. On recherche à la fois des profils techniques, donc plutôt juniors, mais aussi des profils seniors plus aguerris. Et c’est très compliqué. »

Le métier le plus prisé est celui de développeur (full stack, front, back…). Mais les besoins sont importants aussi sur les postes d’ingénieurs réseaux, product manager, product designer… Dans ce contexte hyperconcurrentiel, les candidats formés sont en position de force. Les salaires auraient ainsi augmenté de près de 20 % depuis le début de la crise. « On est bien obligés de suivre », admet Anaïs Vivion, elle-même entrepreneuse.

Un développeur travaillant à son bureau (illustration).
Un développeur travaillant à son bureau (illustration). - I.Fassbender/AFP

Préoccupées par leur avenir et refusant de « se faire la guerre », une vingtaine d’entreprises nantaises ont donc décidé de se mobiliser afin de lancer un plan d’actions commun avec les collectivités (via l’agence Nantes-Saint-Nazaire développement) et la French Tech Nantes. La démarche, « unique en France », consistera à développer l’attractivité de la métropole nantaise au moyen d’opérations de communication sur les réseaux sociaux et les médias spécialisés. Il est également prévu de développer les jobs dating virtuels, de promouvoir les offres d’emploi et d’organiser un événement en 2022.

« La démarche est rentable »

Coût de la première phase de l’opération : 500.000 euros, financés pour moitié par les entreprises. Soit une dépense allant de 1.500 à 6.000 euros par an pour une société qui s’engage. « Si l’on compare au coût d’un cabinet de recrutement, la démarche est rentable à partir d’un recrutement », assure la présidente de la French Tech Nantes. « J’y crois, il y a tout pour que ça marche, s’enthousiasme Kylian Hauray, responsable des opérations d’IAdvize. On a besoin de se serrer les coudes. Et promouvoir Nantes, c’est un atout pour le projet de vie des candidats. »

En parallèle, la filière et les pouvoirs publics essaient de séduire les étudiants en réorientation ou les professionnels désireux de se reconvertir. « Il y a des opportunités d’emplois y compris pour des gens qui se disent "le numérique n’est pas pour moi". Il existe, par exemple, des formations très courtes, sans forcément de diplôme nécessaire », assure Francky Trichet, vice-président de Nantes métropole en charge du numérique. Les femmes, largement sous-représentées dans le secteur, sont particulièrement recherchées.