Fonction publique hospitalière : Les salaires ont encore baissé en 2019, selon l’Insee

SOIGNANTS En revanche, les disparités entre hauts et bas salaires se sont « légèrement » réduites

20 Minutes avec AFP
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Olivier Veran, ministre de la Santé, en visite à l'hôpital de Brignoles le 12 mai 2021.
Olivier Veran, ministre de la Santé, en visite à l'hôpital de Brignoles le 12 mai 2021. — CHAMUSSY/SIPA

Pour la deuxième année consécutive, le salaire net moyen des quelque 1,1 million d’agents de la fonction publique hospitalière a baissé de 0,8 % en 2019 en tenant compte de l’inflation, selon des chiffres publiés par l’Insee et la Drees, ce jeudi.

Avant l’augmentation générale du « Ségur de la santé », les personnels hospitaliers étaient en voie d’appauvrissement. En recul de 1 % en 2018, puis de 0,8 % en 2019, leur salaire est retombé à 2.315 euros net en moyenne pour un temps plein, « retrouvant ainsi presque son niveau de 2013 », indiquent les deux organismes de statistique publique.

Moins de primes pour les médecins

Faute de revalorisation du point d’indice, l’inflation (1,1 %) a effacé la maigre hausse « en euros courants » des rémunérations (0,3 %). Une conjonction qui a davantage pénalisé les fonctionnaires (-0,8 %) que les contractuels et les médecins (-0,3 %).

Les premiers, qui représentent près de trois quarts des effectifs, ont été lésés par une diminution globale de leurs primes, défavorisant les agents plus qualifiés des catégories A (-1,1 %) et B (-1 %), sans épargner ceux de catégorie C (-0,8 %). Du côté des contractuels, le moindre recours aux contrats aidés – « en moyenne moins rémunérés » – a « mécaniquement » amorti la baisse des salaires.

Un important turnover

Cette tendance générale est toutefois le résultat d’un important turnover, avec 17 % de salariés « entrés » et autant « sortis » de la fonction publique en 2018 et 2019. Les deux tiers de salariés qui n’ont pas changé d’employeur ont au contraire engrangé « les effets positifs des gains d’ancienneté et des progressions de carrières », avec une hausse moyenne de 0,4 % de leur salaire net.

Par ailleurs, les disparités entre hauts et bas salaires se sont « légèrement » réduites, de même que l’écart entre femmes et hommes : 20,6 % dans l’ensemble, 3,6 % « à profil identique ».