Affaire Epstein : L’agent de mannequins Jean-Luc Brunel mis en examen pour un second viol sur mineure

JUSTICE Déjà mis en examen en décembre dernier et placé en détention provisoire, celui qui est soupçonné d'avoir joué les rabatteurs pour Jeffrey Epstein est, cette fois, accusé d'avoir abusé d'une adolescente au début des années 2000

Philippe Berry et Thibaut Chevillard
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Jean-Luc Brunel au début des années 2000 (profil Myspace).
Jean-Luc Brunel au début des années 2000 (profil Myspace). — MYSPACE

Les accusations qui le suivent depuis 40 ans l’ont finalement rattrapé. L’agent de mannequins Jean-Luc Brunel a été mis en examen, le 29 juin dernier, d’un second viol sur mineure de plus de 15 ans, indique à 20 Minutes une source judiciaire, confirmant une information du Parisien. Un rebondissement qui intervient après une enquête tortueuse de l’Office central pour la répression de la violence aux personnes (OCRVP), ouverte en France après le suicide de Jeffrey Epstein en août 2019.

La mort du pédocriminel américain, retrouvé pendu dans sa cellule new-yorkaise il y a deux ans, a en effet provoqué une onde de choc des deux côtés de l’Atlantique. En France, une « affaire dans l’affaire » a vite éclaté, avec une enquête centrée sur Jean-Luc Brunel, un célèbre agent de mannequins.

En décembre dernier, celui qui est soupçonné d’avoir joué les rabatteurs pour Jeffrey Epstein avait été arrêté à l’aéroport Charles de Gaulle, en partance pour Dakar. Il avait alors été mis en examen pour « viol sur mineure de plus de 15 ans » et placé sous le statut de témoin assisté pour les faits de « traite des êtres humains aggravée au préjudice de victimes mineurs au fin d’exploitation sexuelle » après une plainte déposée par Virginia Giuffre. Cette Américaine, qui affirme avoir été une « esclave sexuelle » de Jeffrey Epstein, soutient que ce dernier l’a livrée à plusieurs hommes, notamment le Prince Andrew et Jean-Luc Brunel.

Travail titanesque des enquêteurs français

Selon nos informations, l’enquête de l’OCRVP a permis de faire ressortir une dizaine d’accusations d’agressions sexuelles contre Jean-Luc Brunel. « On a énormément bossé sur ce dossier. On a envoyé des mails à tous les mannequins de l’agence, entendu un nombre de personnes astronomique », confie une source proche de l’enquête.

A la grande frustration des enquêteurs, l’essentiel des faits dénoncés remontent cependant aux années 1980-1990 et tombent donc sous le coup de la prescription. Mais en juin dernier, une ex-mannequin étrangère a été entendue par la juge d’instruction. Selon nos informations, elle affirme avoir été violée au domicile parisien de Jean-Luc Brunel au début des années 2000, alors qu’elle n’avait que 15 ans. Après une sortie en boîte de nuit, elle a dit aux enquêteurs avoir eu un trou noir et s’être réveillée pendant que Jean-Luc Brunel était en train de la violer. Des accusations suffisamment crédibles pour que la juge d’instruction décide de mettre Jean-Luc Brunel en examen dix jours plus tard.

Agé de 75 ans, l’ancien « scout » – recruteur de talent - nie en bloc depuis le début. « Notre client a toujours fermement affirmé n’avoir jamais abusé d’aucune femme », avaient répondu à 20 Minutes ses avocats, Mes Mathias Chichportich et Marianne Abgrall, fin août, à propos d’une autre accusation. Ils dénonçaient alors « le lynchage médiatico-judiciaire que subit Jean-Luc Brunel depuis le suicide de Jeffrey Epstein ».