Plan de relance : Une rallonge de 400 millions d’euros pour les transports des collectivités

RELANCE Le Premier ministre Jean Castex a fait cette annonce devant les maires des grandes métropoles réunis par l’association France urbaine ce vendredi à Nantes

20 Minutes avec AFP
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Le Premier ministre Jean Castex
Le Premier ministre Jean Castex — Ludovic MARIN / AFP / POOl
  • Le Premier ministre a décidé de quasiment doubler l’enveloppe initiale prévue en faveur des transports en commun des métropoles.
  • Les transports publics accuseraient une perte de l’ordre de 500 millions d’euros dans les grandes villes hors Ile-de-France par rapport à 2019.

Une grosse enveloppe pour le développement des transports en commun des collectivités de province. Voilà ce qu’a annoncé le Premier ministre  Jean Castex, qui se trouvait ce vendredi à Nantes pour les journées de l'association France urbaine, qui regroupe les grandes métropoles. « J’ai décidé que nous abonderions de 400 millions d’euros supplémentaires cet appel à projets au bénéfice des mobilités », a déclaré le Premier ministre en clôture de ce rassemblement d’élus.

Dans le cadre du plan de relance, le quatrième appel à projets en cours en faveur des transports en commun en site propre et des pôles d’échanges multimodaux avait été doté d’une enveloppe initiale de 450 millions d’euros, rallongée à 500 millions par le Sénat. En cela, le gouvernement accède quasiment aux requêtes des élus, du Groupement des autorités organisatrices de transport (Gart) et du rapport de l’ancien député-maire de Caen (PS) Philippe Duron sur le financement des transports publics, qui préconisait en juillet de doubler l’enveloppe.

Chute des recettes tarifaires

« Nous demandions 450 millions, le Premier ministre vient d’annoncer 400 millions, il faut saluer ce geste », a réagi Johanna Rolland, maire (PS) de Nantes et présidente de France urbaine, rappelant « l’enjeu essentiel des mobilités au quotidien ». Selon France urbaine, les recettes tarifaires (les ventes de billets) se sont effondrées de 35 % en 2020 et les recettes fiscales (c’est-à-dire le versement mobilité acquitté par les entreprises) ont baissé de 5 %, causant au total une perte de l’ordre de 500 millions d’euros dans les grandes villes hors Ile-de-France par rapport à 2019. « Nos équilibres ont été sévèrement secoués et abîmés », a déploré Jean-Luc Moudenc, maire (LR) de Toulouse et vice-président de France urbaine.

Mi-mai, le Premier ministre avait annoncé qu’il ouvrirait davantage le système d’avances remboursables pour financer les réseaux de transports publics touchés par la crise, un premier pas pour les collectivités qui demandaient toutefois des compensations nettes. Johanna Rolland avait alors insisté sur la « situation d’iniquité » entre Ile-de-France Mobilités, l’autorité organisatrice des transports dans la région capitale qui a reçu en 2020 environ 700 millions d’euros pour compenser les pertes fiscales liées à la crise, « et le reste du pays ».

Les villes ont déjà sollicité 574 millions d’euros d’avances remboursables, a indiqué Jean Castex vendredi à Nantes. Plus tôt dans la matinée à Cenon (Gironde), lors des Assises des petites villes de France, le chef du gouvernement avait rappelé l’augmentation de 350 millions de l’enveloppe des Contrats de relance et de transition écologique (CRTE) visant notamment à redynamiser les centres des petites et moyennes villes, mesure annoncée mardi par Emmanuel Macron.