Oui, le temps de parole d'Eric Zemmour peut être décompté même s'il n'est pas candidat

FAKE OFF Selon Jean-Marc Morandini, le temps de parole d'Eric Zemmour sur le débat politique national ne peut pas être décompté car il n'est pas membre d'un parti

Alexis Orsini
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Une affiche d'Eric Zemmour à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).
Une affiche d'Eric Zemmour à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). — NICOLAS MESSYASZ/SIPA
  • Depuis le 9 septembre, les médias audiovisuels sont incités par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) à décompter le temps de parole de l'éditorialiste Eric Zemmour lorsque celui-ci porte sur « le débat politique national ». 
  • Les soutiens du potentiel candidat à la présidentielle de 2022 s'en offusquent, au même titre que son collègue Jean-Marc Morandini, selon qui le temps de parole d'Eric Zemmour ne devrait pas être décompté car il « ne fait pas partie d'un parti politique ».
  • Le CSA a cependant récemment revu les règles du décompte de temps de parole pour des personnalités non encartées mais pesant dans le débat politique, et vient de décider d'y inclure Eric Zemmour. 

La demande du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) aux médias audiovisuels de décompter, depuis le 9 septembre, les interventions d’Eric Zemmour  « portant sur le débat politique national » n’en finit plus de faire réagir.

Jean-Marc Morandini, confrère de l’éditorialiste de CNews, a ainsi pris sa défense sur l’antenne de la chaîne d’info en continu, en affirmant : « La règle au CSA c’est qu’un chroniqueur est décompté lorsqu’il fait partie d’un parti politique. [Zemmour] ne fait pas partie d’un parti politique, donc il n’a pas a être décompté. »

Une affirmation reprise, depuis, par les soutiens du potentiel candidat présidentiel… alors que le CSA a récemment modifié ses règles pour inclure dans ce décompte des personnalités non encartées politiquement.

FAKE OFF

En mars 2021, Michèle Léridon, présidente du groupe de travail Droits et libertés, pluralisme et déontologie du CSA avait en effet annoncé que ce dernier prendrait désormais en compte la parole « des personnalités et anciennes personnalités politiques qui ne sont pas rattachées à un parti ou un groupement mais qui pèsent dans le débat », telles que Ségolène Royal, Marion Maréchal-Le Pen ou encore Laurent Joffrin, comme l'expliquait notamment Le Figaro.

Michèle Léridon défendait au passage le maintien du système traditionnel pour les éditiorialistes et autres personnalités du monde audiovisuel : « Certains commentateurs sont effectivement très engagés politiquement. Mais commencer à décompter le temps de parole des journalistes et des éditorialistes impliquait de les cataloguer, ce qui aurait été très délicat et potentiellement attentatoire à la liberté éditoriale ».

Le CSA a cependant estimé, dans son dernier communiqué, qu'« au regard des récents développements », Eric Zemmour, dont la possible candidature présidentielle alimente le feuilleton médiatique depuis plusieurs mois, « pouvait être regardé dorénavant, tant par ses prises de position et ses actions, que par les commentaires auxquels elles donnent lieu, comme un acteur du débat politique national. » Et donc classé dans la catégorie des personnalités au temps de parole politique décomptable.