Rentrée 2021 : « Les évènements festifs étudiants seront soumis au pass sanitaire », annonce Frédérique Vidal

INFO « 20 MINUTES » La ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, nous dévoile le protocole sanitaire prévu pour l’organisation des soirées étudiantes et des week-ends d’intégration

Propos recueillis par Delphine Bancaud
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La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, le 8 septembre 2021.
La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, le 8 septembre 2021. — sabelle Harsin/Sipa pour 20 minutes
  • A l’approche des week-ends d’intégration et des premières soirées étudiantes de l’année, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, dévoile à 20 Minutes les règles sanitaires qui seront en vigueur.
  • Le pass sanitaire y sera obligatoire, alors qu’il ne le sera pas pour assister aux cours à l’université ou dans les écoles.
  • Concernant les évènements festifs, la ministre présentera début octobre un plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Retrouver les campus et la vie étudiante, après un an et demi de crise du coronavirus. Un souhait unanimement partagé par les étudiants en cette rentrée. A l’approche des week-ends d’intégration et des premières soirées étudiantes, la ministre de l’Enseignement supérieur,  Frédérique Vidal, dévoile en avant-première à 20 minutes le protocole sanitaire prévu pour les évènements festifs.

L’occasion de l’interroger aussi sur les mesures de prévention des violences sexuelles lors des évènements festifs, après les nombreux témoignages de victimes révélés en début d’année 2021.

Les week-ends d’intégration et soirées étudiantes vont démarrer dans les prochains jours. A quelles règles sanitaires vont-ils devoir obéir ?

Nous avons décidé de ne pas interdire ces évènements, ce qui aurait pu générer des fêtes sauvages où aucun contrôle des mesures sanitaires n’est possible. Et c’est qui a parfois eu lieu l’an dernier. Il faut trouver un juste équilibre entre le besoin de se retrouver et la sécurité sanitaire de tous.

Toutes les soirées et week-ends d’intégration devront donc être déclarés au préalable auprès du chef d’établissement. Et les évènements qui seront organisés dans les campus devront être préalablement autorisés par les chefs d’établissements. Nous avons décidé que ces évènements festifs seront soumis au pass sanitaire ainsi qu’à un protocole sanitaire strict. Ils seront donc accessibles uniquement aux étudiants vaccinés ou à ceux qui présenteront un test PCR ou antigénique négatif de moins de 72 heures, et aux étudiants qui présenteront un certificat de rétablissement du Covid-19 d’au moins 11 jours et de moins de 6 mois.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, le 8 septembre 2021.
La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, le 8 septembre 2021. - Isabelle Harsin/ Sipa pour 20 minutes

Quelle jauge devront-ils respecter ?

La contrainte supplémentaire liée au Covid-19 est de ne jamais dépasser 75 % de la capacité d’accueil du lieu, de manière à garder une forme de distanciation. Le port du masque est recommandé lors de ces évènements, même les étudiants pourront le retirer lorsqu’ils mangeront ou boiront.

Quelle part des étudiants sont aujourd’hui vaccinés ?

A l’heure actuelle, 85,64 % des 18-24 ans ont reçu une première dose de vaccin, et 77,5 % présentent un schéma vaccinal complet. Même si le pass sanitaire ne sera pas obligatoire à l’entrée des universités et des écoles et que la liberté d’étudier est préservée, les étudiants ont compris que la rentrée ne pourrait pas être assurée à 100 % en présentiel et se maintenir dans le temps sans utiliser l’arme de la vaccination. Pour poursuivre dans cette voie, nous proposons aux étudiants de se faire vacciner sur les campus. Chaque site universitaire ou grande école sera doté d’un centre de vaccination en son sein ou à proximité, une organisation mise en place en lien avec les autorités sanitaires locales. Les étudiants des plus petits sites disposeront de créneaux réservés dans des vaccinodromes situés à proximité. Chacun bénéficiera d’une solution de vaccination.

Quant aux étudiants étrangers, ceux qui n’étaient pas vaccinés doivent s’enregistrer auprès de la Caisse d’assurance maladie avant leur départ, afin de se faire vacciner très rapidement à leur arrivée en France.

 La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, le 8 septembre 2021.
La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, le 8 septembre 2021. - sabelle Harsin/Sipa pour 20 minutes

En juillet, un rapport de l’inspection générale vous a été remis concernant les violences sexistes et sexuelles dans les IEP. Les agressions sexuelles ont souvent lieu lors de soirées étudiantes. Quelles mesures allez-vous prendre sur le sujet ?

J’ai partagé ce rapport avec la CPU (Conférence des présidents d’université) et la CGE (Conférence des grandes écoles), afin que nous travaillions ensemble à partir de ses recommandations. J’annoncerai début octobre un plan national concernant la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans les établissements d’enseignement supérieur. Il comprendra des mesures pour multiplier des lieux d’accueil des victimes, prévoir un accompagnement juridique et psychologique systématique pour chacune d’elles, et mieux former les personnes chargées de les accompagner au sein des établissements.

Ce rapport montrait que le recours à des procédures disciplinaires contre les agresseurs était limité dans les grandes écoles. Pensez-vous que cela puisse changer ?

Très souvent, les agressions sexuelles se passent à l’extérieur des établissements, dans un contexte privé. Ce qui rend plus difficile la révélation des faits et les conséquences qui en découlent. Ce que je prône, c’est la tolérance zéro et l’accompagnement total. Nous devons aider les établissements à monter des dossiers juridiques pouvant justifier la prononciation de mesures disciplinaires, même si l’agression a eu lieu à l’extérieur de l’établissement lors d’une soirée festive, et même lorsque la victime n’a pas déposé plainte. Il faut aussi réfléchir à des mesures disciplinaires plus adaptées. La sanction disciplinaire n’est efficace que si elle aboutit à une prise de conscience réelle.

Toutes les universités et les grandes écoles sont-elles désormais dotées de cellules chargées de traiter les violences sexistes et sexuelles ?

Dans l’immense majorité des cas, elles disposent de référents en charge de ces sujets. Mais il me semble nécessaire de multiplier les points de contacts avec les victimes, car certaines préféreront s’adresser à un médecin, d’autres à un enseignant, d’autres à une association extérieure à l’établissement…

Comment mieux encadrer la consommation d’alcool dans les soirées ?

La charte de 2018, signée par les organisations étudiantes, interdit déjà le sponsoring des soirées étudiantes par des marques d’alcool. Et nous nous appuyons sur les associations pour responsabiliser les étudiants sur la consommation. Ces dernières sont souvent subventionnées par les établissements pour organiser les évènements de rentrée. D’où la possibilité, pour les présidents d’universités et les directeurs d’école, de contrôler les factures afin d’évaluer les volumes qui sont commandés. Avoir sur place des personnes sachant pratiquer les gestes de premiers secours est aussi essentiel. Et mobiliser les étudiants en santé pour sensibiliser les étudiants au fait qu’on peut s’amuser sans boire jusqu’à en mourir l’est tout autant.

Vous envisagiez un retour à 100 % en présentiel dans les universités. Sera-t-il possible partout ?

C’était un vœu en juin, un espoir raisonnable en juillet, et une réalité aujourd’hui. Car le présentiel, c’est essentiel. Pour les sites qui ont déjà démarré, les choses se passent bien, même si on n’est à l’abri de rien. En cas de contamination d’un étudiant, il sera soumis à l’isolement, mais pourra suivre ses cours à distance. Concernant les cas contacts, si l’étudiant est vacciné, il pourra continuer d’assister au cours. Mais s’il ne l’est pas, il sera soumis à l’isolement et devra donc suivre les cours à distance.