Charente-Maritime : Une femme de 25 ans aurait été séquestrée par sa mère et sa sœur pendant trois ans

ENQUETE Cette jeune femme de 25 ans a été recueillie en pleine nuit en culotte, sale et affamée après s’être échappée de la maison familiale en Charente-Maritime

M.B. avec AFP
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Voiture de gendarmerie. Gendarmes. (Illustration)
Voiture de gendarmerie. Gendarmes. (Illustration) — Alexandre GELEBART/20MINUTES

Une mère de famille de 58 ans et sa fille de 26 ans ont été mises en examen et écrouées pour séquestration de nature criminelle, rapporte La Nouvelle République. La première a été hospitalisée sous contrainte, et la seconde incarcérée à la maison d’arrêt de Gradignan (Gironde).

L’affaire, qui a été révélée mardi, a démarré le 24 août dernier. Une habitante de Bignay (Charente-Maritime) recueillait cette nuit-là une femme de 25 ans, en culotte, sale et affamée. Celle-ci explique alors s’être échappée d’une maison voisine, où elle était « séquestrée depuis trois ans par sa mère et sa sœur » selon un communiqué du procureur de La Rochelle Laurent Zuchowicz. Elle dit aussi avoir été « violentée à plusieurs reprises pour avoir tenté de se rebeller ou de partir, avoir été régulièrement privée de repas et subir des conditions de vie indignes, le tout en lien avec un rite religieux suivi à la lettre par sa mère et sa sœur ».

« Problématique soit religieuse, soit mystique »

Ces affirmations ont été corroborées, selon le parquet, par des examens médicaux, des témoignages et des constatations d’enquête. « Une précédente procédure initiée en novembre 2020 à la suite d’un signalement transmis par les services sociaux, qui avaient alerté sur la précarité de cette famille », a été jointe à l’enquête. Une source proche de l’enquête a expliqué à l’AFP que la jeune femme vivait « dans ses excréments dans une pièce aux fenêtres clouées par des planches de bois dans une maison dégoûtante, sans eau ni électricité ».

Selon les premiers éléments rapportés par La Nouvelle République, le parquet de la Rochelle a soulevé « une problématique soit religieuse, soit mystique entre trois personnes qui ont des niveaux intellectuels élevés. »

Un « couac » du parquet de et/ou des services sociaux ?

La victime a porté plainte contre sa mère mais pas contre sa sœur, a précisé l’avocat de cette dernière Me Julien Sevet, qui n’a pas souhaité évoquer le volet religieux présumé de l’affaire. Il a par contre dénoncé un « couac » du « parquet de Saintes et/ou des services sociaux » dans le traitement des constatations sur la famille faites en 2020.

Devant les enquêteurs, la mère a contesté les dénonciations de sa fille. L’autre fille n’a pas souhaité s’exprimer. Elles affichent chacune un casier judiciaire vierge de toute condamnation, d’après le parquet.