Quinze personnes suspectées de vols dans la boutique Swarowski lors de l'acte 18 des « gilets jaunes » devant la justice

JUSTICE Le 16 mars 2019, sur les Champs-Elysées lors d’une manifestation des gilets jaunes, 365 personnes avaient pénétré dans la boutique de luxe Swarovski

20 Minutes avec AFP
— 
Illustration d'une boutique Swarovski.
Illustration d'une boutique Swarovski. — Alexander Pohl/Sipa USA/SIPA

Ils se sont servis. Quinze personnes accusées de s’être « servies » lors du pillage d'une boutique Swarovski le 16 mars 2019, pendant l’acte 18 des « gilets jaunes » sur les Champs-Elysées à Paris, seront jugées par le tribunal correctionnel de Paris, a appris l’AFP lundi de sources proches du dossier.

Une juge d’instruction parisienne a décidé de renvoyer en procès quatorze hommes et une femme, âgés de 20 à 57 ans, pour « vol par ruse, effraction ou escalade (…) aggravé par la réunion » ou « recel de bien provenant d’un vol », selon son ordonnance du 31 août, dévoilée par Le Parisien.

« Je n’ai pas réfléchi aux conséquences »

Parmi les prévenus, au casier pas ou peu chargé pour la plupart, beaucoup de personnes sans emploi, mais aussi un cariste, un livreur, un métallurgiste ou encore des étudiants dont un Italien de 25 ans, qui sera en outre jugé pour « rébellion » contre un policier.

« Il y a des gens qui étaient dedans et ils balançaient des trucs en l’air de partout. Je me suis servi. (…) Sous le coup de l’adrénaline, de la foule et de l’effet de groupe, je n’ai pas réfléchi aux conséquences », a reconnu en garde à vue un chômeur de 20 ans, le lendemain des faits.

La boutique de bijoux et objets en cristal Swarovski avait été prise d’assaut par des manifestants, 365 personnes y avaient pénétré en l’espace de quelques minutes avant que n’interviennent les forces de l’ordre.

Mais selon Le Parisien, les premiers à entrer par effraction dans le magasin avaient le visage dissimulé et n’ont pu être interpellés.

« Les véritables casseurs échapperont aux poursuites »

Pour Pierre-François Rousseau, avocat de deux des prévenus, après plus de deux ans d’enquête, « c’est une montagne qui accouche d’une souris ». « Ce sont les lampistes qui seront devant le tribunal, tandis que les véritables casseurs échapperont aux poursuites. »

La qualification de « participation à un groupement formé en vue de la préparation (…) de destructions ou dégradations de biens » a en effet été abandonnée, conformément aux réquisitions du parquet, la juge notant que les protagonistes « ne se connaissa[ie]nt pas, pour la plupart » et qu’il s’agissait davantage d'« une superposition d’actions individuelles » et « spontanées ». Swarovski avait estimé le montant de son préjudice total à 500.000 euros en début d’enquête, selon une source proche du dossier.

L’acte 18 des « gilets jaunes », le 16 mars 2019, avait été marqué à Paris par des violences avec, entre autres, des pillages dans divers magasins et l’incendie du restaurant Fouquet’s, de magasins et d’une succursale bancaire des Champs-Elysées.

Au moins vingt-trois condamnations à des peines de prison ferme avaient notamment été prononcées quelques jours plus tard par le tribunal correctionnel de Paris lors de comparutions immédiates.