Saint-Denis : MaMaMa au soutien des mères isolées et de leurs bébés, « angle mort de l’aide alimentaire »

SOLIDARITE L’association MaMaMa distribue de l’aide alimentaire, des produits d’hygiènes ou des jouets aux mères isolées et à leurs nourrissons. Créée pendant le premier confinement, elle a depuis donné 74 tonnes de produits alimentaires

Floréal Hernandez
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Aïcha, l'une des quatre fondatrices de l'association MaMaMa, préparant des colis alimentaires pour des mères isolées et leurs enfants.
Aïcha, l'une des quatre fondatrices de l'association MaMaMa, préparant des colis alimentaires pour des mères isolées et leurs enfants. — Magali Bragard
  • 20 Minutes est partenaire, avec l’ONG Reporters d’Espoir, du Train de la Relance, qui fait sa première étape lundi et mardi gare de l’Est, à Paris, avant de sillonner la France de Rennes à Marseille via Toulouse, Strasbourg, Caen ou Orléans, puis de s’envoler en Corse et outre-mer.
  • A cette occasion, nous vous faisons découvrir MaMaMa, association créée à Saint-Denis pendant le premier confinement pour apporter une aide alimentaire aux mères isolées et leurs nourrissons, et qui a bénéficié d’une subvention de 270.000 euros du plan de relance du gouvernement.
  • En seize mois d’activités, MaMaMa est venue en aide à 12.000 mères isolées, nourrissons et jeunes enfants depuis le premier confinement, a distribué 17.000 colis nourrissons et 10.000 colis femmes. Aujourd’hui, 2.000 demandes sont en attente.

« D’une certaine façon, c’est une triste réussite ! » L’oxymore est de Magali Bragard, l’une des quatre cofondatrices de l'association MaMaMa, devant les chiffres de l’aide alimentaire apportée par l’association à 12.000 mères isolées, nourrissons et jeunes enfants nourrissons depuis le premier confinement. En « seize mois », souligne Magali Bragard, MaMaMa a distribué 17.000 colis nourrissons (alimentation et hygiène, d’une valeur moyenne de 69,95 euros), 10.000 colis femmes (hygiène, soins, vêtements, d’une valeur moyenne de 88 euros). « C’est le signe d’un besoin immense qui n’est pas pris en charge, note Magali Bragard. La crise [liée au coronavirus] a touché les plus fragiles. »

Photographe de métier, elle n’avait aucun lien avec le monde médical, l’enfance ou l’aide alimentaire, à l'image de deux autres co-fondatrices, Marguerite Delalonde ou Marielle Alluchon. Aïcha Diémé, le A de « MaMaMa », est pour sa part pédiatre à l’AP-HP. Ces quatre femmes ont lancé leur projet de distribution alimentaire aux femmes seules avec leurs bébés alors qu’elles étaient bénévoles au printemps 2020 pour la plateforme Covidom. Au téléphone, elles constataient les difficultés de certaines mères à acheter du lait, des petits pots, des couches pour leurs enfants.

Magali Bragard, Aïcha Diémé, Marielle Alluchon et Marguerite Delalonde, les fondatrices de l'association MaMaMa.
Magali Bragard, Aïcha Diémé, Marielle Alluchon et Marguerite Delalonde, les fondatrices de l'association MaMaMa. - Victoria Gandraman

« Les bénéficiaires de l’aide alimentaire sont à 70% des femmes [selon une étude de l’institut CSA réalisée fin 2020]. Leurs besoins spécifiques ne sont pas suffisamment pris en compte », juge Magali Bragard. Et « les nourrissons sont l’angle mort de l’aide alimentaire, poursuit Lara Géhin, chargée de mission de l’asso. Car les produits sont non substituables, spécifiques à chaque âge. Il faut de tout pour avoir une alimentation équilibrée. Et il y a peu de pertes, les DLUO [dates limites d’utilisation optimales] sont bien gérées. »

Une distribution directe pour donner aussi « du temps, de l’attention »

Aidée de Ghada Hatem, médecin et fondatrice de la Maison des femmes à Saint-Denis, les quatre créatrices de MaMaMa lancent un appel aux dons en mai 2020. L'industriel Blédina y répond en donnant 13 tonnes de nourriture. Mais où stocker cette livraison ? Plaine Commune, établissement public territorial, fournit un entrepôt de 1.400 m2 à Saint-Denis qu’il faut aménager. Magali, Marielle, Marguerite, Aïcha activent leurs réseaux, s’appuient sur des bénévoles et lancent les premières distributions. Depuis, 74 tonnes de produits alimentaires ont été données.

Ces distributions de « colis sur mesure » se font via « 65 PMI, huit centres de santé, une centaine de travailleurs sociaux, quarante associations », détaille l’asso MaMaMa. Mais surtout en distribution directe dans son entrepôt où des bénévoles reçoivent les familles « pendant 30 minutes, une heure pour faire un point sur leurs besoins, détaille Lara Géhin. Les mamans peuvent aussi choisir des jouets, des livres, des vêtements pour leurs enfants mais également des vêtements pour elles. » « Donner du temps, de l’attention, c’est impalpable mais c’est nécessaire quand on a besoin d’aide », poursuit Magali Bragard.

Et MaMaMa aussi a besoin d’être épaulée. Six cents bénévoles ont aidé au moins une fois l’association. Elle est également soutenue par 35 entreprises, 75.000 euros de dons grand public et a reçu 270.000 euros du plan de relance du gouvernement. Ce qui permet à l’asso « d’intensifier et de pérenniser ses activités » car au 31 août, 2.000 demandes sont en attente.

L’association MaMaMa organise une journée portes ouvertes le 19 septembre à son entrepôt 9, avenue de la Métallurgie à Saint-Denis, avec deux sessions d’accueil à 10h30 et à 14h.

Le Train de la Relance à Paris

Il sera quai 6 de la gare de l’Est ce lundi et ce mardi de 10 heures à 18 heures, puis dans les autres régions métropolitaines, la Corse et les régions d’Outre-Mer. Son objectif est d’expliquer France Relance, plan gouvernemental doté de 100 milliards d’euros « pour construire la France de 2030 : plus écologique, plus compétitive, plus solidaire ». Une des trois voitures du Train de la Relance est un studio radio géré par l’ONG Reporters d’Espoirs en partenariat avec des médias locaux dont 20 Minutes à Paris, Rennes, Marseille et Strasbourg. Trois heures de direct y sont produites chaque jour.