Vaccination à Nice : Des injections directement dans les lycées où « beaucoup de jeunes ne veulent pas en entendre parler »

EPIDEMIE Pour inciter les élèves à se faire vacciner contre le Covid-19, la métropole niçoise propose d’installer des centres directement dans les lycées ou les collèges

Fabien Binacchi
— 
Un des 20 élèves vaccinés jeudi au lycée Guillaume Apollinaire, à Nice
Un des 20 élèves vaccinés jeudi au lycée Guillaume Apollinaire, à Nice — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Seuls 20 élèves du lycée Guillaume-Apollinaire ont répondu présents, jeudi, dans cet établissement de l’est de Nice où la métropole et son Agence de sécurité sanitaire, environnementale et de gestion des risques (Asser) proposaient des vaccins dans le réfectoire encore inoccupé.
  • Selon les chiffres communiqués par l’Agence régionale de santé (ARS), 49,3 % des 12-17 ans de Paca ont au moins reçu une injection en Paca, et 34 % ont bénéficié d’un schéma vaccinal complet.

A « presque 16 ans », Georges a choisi lui-même de se faire vacciner. L’adolescent qui a fait son entrée en seconde à Nice, a profité du centre éphémère installé ce jeudi dans son lycée Guillaume-Apollinaire pour recevoir une première dose de la formule Pfizer. « Mes parents sont tous les deux vaccinés et je trouvais ça normal de le faire aussi », a-t-il confié avant l’injection. Il fait pourtant figure d’exception. « Dans ma classe, je suis le seul et j’ai l’impression que beaucoup de jeunes ne veulent pas en entendre parler. »

Pour leur rentrée, seuls 20 lycéens ont répondu présents, jeudi, dans cet établissement de l’est de Nice où la métropole et son Agence de sécurité sanitaire, environnementale et de gestion des risques (Asser) proposaient des vaccins dans le réfectoire encore inoccupé.

« Nous ne sommes pas là pour les inciter »

« Nous avons même eu quelques réactions assez vives de parents ce jeudi matin. Et les élèves n’ont pas l’air spécialement pressés, relevait sur place la proviseure Sylvie Pénicaut. Nous ne sommes pas là pour les inciter. On leur dit juste qu’en cas de sorties scolaires ou de voyage, le pass sanitaire leur sera demandé. »

Selon les chiffres communiqués par l’Agence régionale de santé (ARS), 49,3 % des 12-17 ans de Paca ont au moins reçu une injection en Paca, et 34 % ont bénéficié d’un schéma vaccinal complet. « Je crains qu’on soit en dessous dans cette partie de Nice avec certains quartiers qui se sont moins mobilisés pour la vaccination », précise encore la proviseure du lycée Guillaume-Apollinaire.

Manifestations antipass et antivax

Bryan, 15 ans, a aussi sauté le pas ce jeudi. Même s’il n’était pas très emballé. « Ma mère m’a encouragé mais mon père était contre », glisse-t-il. Mercredi, 200 personnes ont manifesté devant le rectorat de Nice pour protester contre le pass sanitaire (obligatoire pour les 12-17 ans dès le 30 septembre) et le vaccin pour les enfants. Ce jeudi, un nouveau rassemblement était organisé face au collège Picasso, à Vallauris.

Du côté de Nice, la métropole assure qu’elle va rester mobilisée pour accompagner les scolaires. Christian Estrosi, jeudi sur place, pointait « l’importance de vacciner, dorénavant les plus jeunes, pour éviter déjà une cinquième vague alors que la quatrième est à peine en train de se terminer ».

Les 70 établissements (collèges et lycées) présents sur le territoire métropolitain ont été sollicités pour l’installation de nouveaux centres éphémères. « Si nous avons assez de demandes émanant des parents et que les proviseurs sont d’accord, nous irons directement à la rencontre des élèves. Sinon, nous les redirigerons vers les autres sites de vaccination classiques », indique Véronique Borré, la directrice de l’Asser.

63 % de vaccinés en Paca

Au 31 août, 832.230 habitants du département des Alpes-Maritimes avaient reçu au moins une injection d’un vaccin anti-Covid-19, selon les dernières données communiquées par l’Agence régionale de santé Paca. A l’échelle de toute la région, 63 % de la population générale (au-delà de 12 ans) sont dans le cas d’un schéma vaccinal complet. Et ce taux est plus important pour les 18-24 ans (64,8 %) que pour les personnes âgées entre 25 et 39 ans (62,1 %).