Rochefort : Demande de renvoi devant la justice du chauffeur du camion après l’accident du car scolaire qui avait tué six adolescents

JUSTICE Le parquet a requis le renvoi devant le tribunal correctionnel du chauffeur du camion, mais pas de l’entreprise Eiffage, dans cet accident d’un autocar scolaire éventré par la ridelle d’un camion-benne, qui avait causé la mort de six adolescents en 2016

20 Minutes avec AFP
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Six adolescents ont perdu la vie dans cet accident de la route à Rochefort en 2016. 
 / AFP / XAVIER LEOTY
Six adolescents ont perdu la vie dans cet accident de la route à Rochefort en 2016. / AFP / XAVIER LEOTY — AFP

Le parquet de La Rochelle vient de rendre son réquisitoire définitif, dans l’accident de car scolaire de Rochefort (Charente-Maritime) qui avait fait six morts en 2016. L’entreprise Eiffage n’a pas été mise en cause mais il demande le renvoi du chauffeur du camion devant le tribunal correctionnel pour homicides et blessures involontaires.

Le 11 février 2016 au matin à Rochefort, l’autocar avait croisé vers 7h15 la route d’un camion-benne, parti d’un entrepôt Eiffage à 800 mètres de là. Le flanc de l’autocar avait été cisaillé par la ridelle ouverte du camion, tuant six des quinze adolescents qui se trouvaient à bord, cinq lycéens et un collégien. Deux autres avaient été blessés. Il s’agit de l’un des plus graves accidents de transports d’enfants survenus en France depuis le drame de Beaune en 1982 (53 morts dont 44 enfants).

« Pas assez d’éléments pour entraîner des poursuites » contre Eiffage

Quelques jours après l’accident, le chauffeur du camion alors âgé de 23 ans, avait été mis en examen pour homicides et blessures involontaires, et laissé libre sous contrôle judiciaire. Eiffage avait pour sa part été mis en examen fin 2020 pour homicides involontaires.

Le parquet a finalement requis un non-lieu pour la société Eiffage, propriétaire du camion-benne, « car il n’y a pas assez d’éléments pour entraîner des poursuites », a expliqué le procureur Laurent Zuchowicz. « Les parties ont un délai de deux mois pour adresser leurs observations », a ajouté le procureur.

La ridelle ouverte dans une position « inhabituelle et dangereuse »

Les investigations techniques, et notamment la reconstitution des faits quelques jours après le drame, s’étaient focalisées sur cette ridelle latérale (la paroi métallique arrière maintenant en place le chargement). Selon le parquet à l’époque, cette ridelle était ouverte à 90 degrés et non totalement au moment de la collision, une position « inhabituelle et dangereuse », et semble-t-il depuis un moment. Peu auparavant, un automobiliste avait dû faire un écart pour l’éviter.

Il faisait encore nuit au moment du choc, il bruinait, et le chauffeur n’avait aperçu qu’au dernier moment la ridelle ouverte : le choc avait fait exploser son pare-brise, stoppant l’autocar qui avait poursuivi un peu sa course sous l’effet de l’inertie.

L’accident avait choqué la ville de Rochefort et celle de Surgères, à 25 km de distance, où les six victimes, cinq lycéens et un collégien âgés de 15 à 18 ans, étaient scolarisés.