Rentrée 2021 à Nantes : Y aura-t-il assez d’animateurs périscolaires ?

EMPLOI Chargés d’accueillir les enfants avant et après la classe, les animateurs périscolaires manquent particulièrement à l’appel cette année

Julie Urbach
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Un animateur et des élèves dans une école à Nantes en 2013 (illustration)
Un animateur et des élèves dans une école à Nantes en 2013 (illustration) — F. Perry / AFP
  • En cette année placée sous le signe du Covid, le recrutement d'animateurs et animatrices périscolaires semble particulièrement compliqué pour les communes.
  • Exemple dans l'agglomération nantaise, où les recrutements sont toujours en cours alors que la rentrée a sonné.

Ils accueillent les enfants le matin avant la classe, les accompagnent pendant le déjeuner, et les occupent à toutes sortes d’activités le soir, jusqu’à l’arrivée des parents. Y aura-t-il assez d’animateurs périscolaires pour encadrer les écoliers de la région nantaise ? La question se pose alors que cette année, encore plus que d’habitude, les candidats manquent à l’appel. D’ailleurs, les équipes ne sont pas totalement constituées en ce jour de rentrée des classes et les offres d’emploi « urgent », émanant de nombreuses communes de la métropole, se multiplient.

A Nantes, l’association Léon-Lagrange qui en est en charge (775 salariés) a par exemple lancé, la semaine dernière, le recrutement d’une cinquantaine de postes supplémentaires. Des besoins imposés par un protocole sanitaire encore strict dans les écoles et un risque d’absentéisme plus élevé en raison du Covid. « Il nous reste une dizaine d’animateurs à recruter, indiquait-on mardi du côté de la mairie de Rezé, qui en emploie environ 200. Les besoins sont particulièrement forts mais les équipes sont habituées : nous pourrons donc assurer la rentrée, le temps que tout se régule et que les familles inscrivent leurs enfants… »

Un métier peu attractif

Il faut dire que le casse-tête n’est pas nouveau, et pas spécifiquement nantais, dans un secteur où le turn over est important. « A chaque rentrée, il faut remplacer environ 10 % des effectifs qui sont partis faire autre chose, rapporte Fouad Sehabi, directeur de la mission périscolaire Léo-Lagrange Ouest. Nous avons aussi une dizaine de départs chaque mois. » Des défections souvent motivées par des horaires morcelés, des contrats majoritairement en temps partiel, et un salaire jugé peu attractif (le taux horaire est d’environ 10 % supérieur au Smic)…. quand d’autres revendications plus ponctuelles n’aboutissent pas à des mouvements de grève survenus régulièrement ces dernières années. « On est trop souvent à flux tendu et cela détériore les propositions d’activités faites aux enfants, confie une professionnelle, qui souhaite rester anonyme. Notre fiche de poste est trop exigeante au regard du salaire et des moyens alors qu’au fond, c’est le plus beau métier du monde ! »

Sur ce dernier point, les employeurs sont bien d’accord. « C’est un métier très riche, où l’on travaille en équipe, à hauteur des enfants mais aussi en lien avec les familles, estime Fouad Sehabi de Léo-Lagrange. On fait de tout : lecture, sport, écocitoyenneté… avec comme mission d’assurer la sécurité physique, affective et morale de l’enfant. Il y a des possibilités de formation et d’évolution intéressantes. » Conscients de certaines contraintes, les communes essayent de les assouplir, en proposant par exemple un complément d’heures de travail dans un autre service municipal ou en modulant les contrats.

« Même s’ils ne sont pas disponibles tous les jours, les étudiants intéressés peuvent postuler et nous verrons comment nous adapter à leurs disponibilités, assure Isabelle Coirier, élue en charge de l’éducation à la ville de Rezé. Il n’y a pas forcément de qualification requise, même si le Bafa est fortement recommandé. Nous regarderons les profils de tous ceux qui ont envie de s’impliquer en amenant des idées et de la nouveauté. »