Toulouse : Le maire demande à Jean-Michel Blanquer « d’agir » après le signalement d’une école musulmane à la justice

INQUIETUDE A la suite de manquements, le rectorat de Toulouse a signalé une école musulmane à la justice et demandé aux parents d’inscrire leurs enfants ailleurs. Le maire de Toulouse demande à Jean-Michel Blanquer d’aller plus loin

H.M. avec AFP
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Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse.
Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse. — F. Scheiber - Sipa
  • Lundi, le recteur de Toulouse, a annoncé avoir signalé à la justice une école musulmane hors contrat de Toulouse pour des « manquements manifestes au niveau pédagogique et administratif ».
  • Il a aussi mis en demeure les parents d’inscrire leurs enfants ailleurs. Mais, administrativement, l’école reste ouverte.
  • Le maire de Toulouse lui apporte son soutien et demande au ministre de l’Education nationale « d’agir » pour faire fermer l’établissement.

Le recteur de Toulouse Mostafa Fourar a annoncé lundi qu’il avait signalé à la justice l’école musulmane Al-Badr (désormais Avicenne) et avait mis en demeure les parents d’élèves – 130 de la primaire au collège – de cet établissement hors contrat d’inscrire leurs enfants ailleurs pour la rentrée. Cette démarche s’appuie notamment sur deux contrôles au cours desquels aucun matériel ni enseignement « permettant de donner aux élèves les fondements de la culture mathématique, scientifique et technologique » n’a pu être recensé.

Cette décision du recteur a reçu l’appui de Jean-Luc Moudenc (LR), le maire de Toulouse. Mais l’édile a aussi écrit dès lundi à Jean-Michel Blanquer en lui demandant « d’agir dans la mesure de toutes [ses possibilités] ». « Vous savez bien que [les collectivités locales] n’ont pas les moyens juridiques d’agir face à ces manquements, explique l’édile à Jean-Michel Blanquer. En effet à ce stade, nous ne pouvons décider d’une fermeture administrative, qui ne peut être appliquée qu’après une décision de justice ». Le maire souligne ainsi le paradoxe d’une école, certes théoriquement sans élèves, mais qui reste ouverte.

L’école avait gagné un premier bras de fer

Ce n’est pas la première fois que l’école Al-Badr surgit sur le devant de l’actualité. En 2016, elle avait été condamnée à fermer ses portes par le tribunal correctionnel de Toulouse. Son directeur, l’imam Abdelfattah Rahhaoui, connu pour son conservatisme, avait été condamné à quatre mois de prison avec sursis et à une interdiction de diriger un établissement d’éducation.

Mais en décembre 2018, la cour d’appel de Toulouse avait infirmé ces décisions. Samin Bolaky, l’avocat de l’école, interrogé par l’AFP, ne se prive pas de rappeler ces « victoires judiciaires ». Il dénonce un « acharnement » du rectorat. Il a par ailleurs saisi en urgence le tribunal administratif de Toulouse pour contester la décision du recteur de demander aux parents d’inscrire leurs enfants dans d’autres établissements. Le jugement a été mis en délibéré.