Rentrée scolaire 2021 : Stressés, des parents, qui considèrent que « le ministère sous-estime le variant Delta », témoignent

VOUS TEMOIGNEZ Alors que le jour J, c’est jeudi, certains parents craignent le coronavirus et pour la santé de leurs enfants et pour la leur

Pierre Cloix
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Nos chères têtes blondes retournent en classe.
Nos chères têtes blondes retournent en classe. — Canva/20 Minutes
  • La rentrée scolaire, c'est jeudi. Et même si les indicateurs stagnent, le Covid-19 est toujours là.
  • « 20 Minutes » a demandé à ses lecteurs parents comment ils vivaient la perspective de cette nouvelle rentrée particulière, avec coronavirus et protocole sanitaire.
  • L'inquiétude est palpable dans leurs témoignages.

« T’es dans quelle classe ? », « Tu as qui comme prof »… Dans quelques heures maintenant, c’est la reprise de ces rituels de début septembre. La rentrée scolaire a ses marottes qui ne changeront jamais mais, depuis l’année dernière, un invité est venu chambouler la façon d’appréhender ce moment important pour enfants et parents. Pour la deuxième rentrée des classes consécutive, il va falloir faire avec le coronavirus et son protocole sanitaire. Mais, cette fois-ci ; il va également falloir reprendre les cours alors que le variant Delta, plus contagieux, continuent d’inquiéter les autorités. « 20 Minutes » a demandé à des parents, parmi ses lecteurs, comment ils vivaient cette nouvelle rentrée sous le signe du Covid-19 et tous semblent plutôt inquiets.

« Les enfants vont payer un lourd tribut »

Premier motif d’anxiété pour les parents comme Sabrina, le protocole sanitaire du gouvernement, jugé trop léger : « Je suis sidérée par l’impréparation du ministère de l’Education nationale. Pas de capteur de CO2 ni de purificateur dans les écoles. Le protocole sanitaire est plus que léger face au variant Delta. J’ai franchement l’impression que les enfants vont payer un lourd tribut et uniquement parce que le ministère se voile la face. Oui, le variant est dangereux aussi pour les enfants il y a risque d’hospitalisations en réa, de covid long. »

« Je ne suis pas sereine, avance Pauline. Selon cette maman et enseignante, le protocole mis en place à cette rentrée « n’est pas adapté à la situation sanitaire » et « les classes étant surchargées, le dépistage devrait être massif afin d’éviter les fermetures de classe ». Celle qui est directement concernée par le défi que représente cette rentrée assure « le gouvernement ne compte pas mettre les moyens » : « Le ministre de l’Education nationale a l’air de vivre sur une autre planète en sous-estimant la forte contamination du variant Delta », lâche la jeune femme.

Si l’inquiétude autour de la possible infection des enfants est très présente, d’autres préoccupation existent à l'aude de cette rentrée des classes. Au quotidien, de nombreux parents assurent qu'ils devront composer les peurs de leurs bambins. « Ma dernière angoisse et veut porter le masque tout le temps à l’école même si les autres se moquent d’elle. Elle a peur de transmettre le virus et d’être malade », avance Agnès, à propos de sa fille de 7 ans. Même constat du côté d’Anne : « J’ai peur pour mon fils et lui a peur de ramener le virus à la maison et que je tombe très malade. C’est une charge lourde à porter pour lui. Cette dimension psychologique n’est jamais évoquée… » En résumé, « la situation est très stressante », conclut la maman du petit garçon de 9 ans.

« Je suis plutôt confiante du fait de la vaccination »

Parmi les témoignages que 20 Minutes a reçus, certains parents, à l’image de Laurence, sont un peu plus détendus à l’approche de la date fatidique : « Je suis plutôt confiante grâce à la vaccination, ce qui n’était pas le cas lors de la dernière rentrée scolaire. Il est important que la continuité des cours soit assurée en présentiel le plus possible. Dans l’idéal, j’aurais souhaité que les enseignants et personnels administratifs de l’Education nationale fassent partis des publics à vacciner en priorité ! »

De son côté, Damien estime également les risques moindres que pendant les vagues précédentes : « Les enfants font, sauf rares exceptions des formes bénignes de la maladie (…). Je suis en phase avec le comité national qui recommande comme alternative à la vaccination une stratégie "Tester, tracer, isoler" optimisée. » 

Alors qu’il ne reste plus quelques heures avant le grand rendez-vous, nul doute que les parents suivront de très près les indicateurs et ce, encore quelques semaines après la rentrée. En espérant que « le bon chemin » d’un retour à la « vie normale » espéré par Jean Castex soit également celui emprunté par tous les écoliers.