Didier Raoult évincé de l'IHU Méditerranée à cause de son âge ? On fait le point

FAKE OFF Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a indiqué sur le plateau de BFMTV que Didier Raoult serait forcé de quitter la direction de l’IHU Méditerranée prochainement car il atteint l'âge limite de départ à la retraite. Un argument jugé irrecevable par bon nombre de ses défenseurs

T.H.
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Une manifestante brandit une pancarte de soutien à Didier Raoult, le 21 août dernier, à la manifestation anti-pass sanitaire de Marseille. (Illustration)
Une manifestante brandit une pancarte de soutien à Didier Raoult, le 21 août dernier, à la manifestation anti-pass sanitaire de Marseille. (Illustration) — AFP
  • « C’est l’âge de la retraite qui le frappe. Ce n’est ni une décision politique, ni une volonté de lui nuire », déclarait mardi Olivier Véran à propos du départ prochain de Didier Raoult à la tête de l’IHU Méditerranée Infection.
  • Un faux argument pour nombre de ses défenseurs, selon lesquels les statuts de l’IHU n’appliqueraient aucune limite d’âge à son directeur.
  • Si la fonction de directeur n’est effectivement pas soumise à une limite d’âge à l’IHU, les fonctions de praticien hospitalier et d’enseignant-chercheur, qu’exerce également le professeur, le sont bien. 20 Minutes ​fait le point.

Une nouvelle qui fait grand bruit. L’annonce, à la mi-août, de la volonté de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille et d’Aix Marseille Université, membres fondateurs de l’IHU Méditerranée Infection, de ne pas reconduire le contrat du désormais célèbre microbiologiste, Didier Raoult, à la tête du prestigieux institut, ne fait pas que des heureux.

Le professeur estime être poussé vers la sortie pour ses propos controversés sur la gestion de l’épidémie de Covid-19 et la vaccination. Or, « s’il est un bouc émissaire, ce n’est que du temps qui passe, puisque c’est l’âge de la retraite qui le frappe. Ce n’est pas une décision politique, ni une volonté de lui nuire », assurait pourtant le ministre de la Santé et des Solidarités, Olivier Véran, mardi, au micro de BFMTV, indiquant que la décision était « purement locale » et qu’un jury international se chargerait de choisir son successeur.

Une justification jugée irrecevable par de nombreux défenseurs de Didier Raoult sur les réseaux sociaux, à l’image d’Eric Chabrière, ancien collaborateur de l’épidémiologiste, lui aussi poussé vers la sortie par le nouveau directeur de l’AP-HM, François Crémieux. « Il n’y a pas de limite d’âge dans les statuts de l’IHU », protestait-il sur Twitter. Un argument repris par de nombreux internautes et quelques représentants politiques sur les réseaux sociaux, à l’instar de Florian Philippot.

FAKE OFF

Sur ce dossier, le professeur Chabrière marque un point : dans les statuts de l’IHU, accessibles en ligne, il n’est nullement mention d’une limite d’âge s’appliquant au directeur de l’institut.

Didier Raoult a pourtant bien atteint l’âge de la retraite pour plusieurs de ces fonctions. En tant que praticien hospitalier, cette limite est fixée par le code de santé publique à 67 ans. En tant qu’enseignant-chercheur et professeur d’université, elle est de 68 ans. D’après les informations du Monde, le professeur a fait une demande de cumul emploi-retraite auprès de l’AP-HM, aménagement que l’entité publique n’a, selon le quotidien, pas prévu de lui accorder.

L’IHU étant piloté par une fondation privée, ces limites d’âge ne s’appliquent toutefois pas aux fonctions exercées par Didier Raoult. Un argument concédé par François Crémieux, directeur général de l’AP-HM, qui précise au Monde : « Il pourrait rester en poste, mais il n’est pas raisonnable que l’IHU soit dirigé par quelqu’un qui n’est plus ni praticien hospitalier, ni universitaire. »