Incendie dans le Var : Julien Denormandie, le ministre de l’Agriculture, au chevet des vignerons

REPORTAGE Le vendanges étaient imminentes avant que l'incendie ne ravage près de 1.000 hectares de vignes

Alexandre Vella
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Julien Denormandie, ministre de l'agriculture en visite sur une parcelle de vigne lourdement touchée par le feu
Julien Denormandie, ministre de l'agriculture en visite sur une parcelle de vigne lourdement touchée par le feu — Alexandre Vella / 20 Minutes
  • Julien Denormandie, le ministre de l’Agriculture, et Bérangère Abba, secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité, se sont rendus ce mardi dans le Var.
  • Ce département a été le théâtre d’un violent incendie qui a tué deux personnes et détruit plus de 7.000 hectares de massif, dont 1.000 de vignes.
  • Des acteurs du monde agricole local étaient remontés contre les interdictions que fait peser le statut de réserve naturelle du secteur de l’incendie.

Le convoi ministériel est arrivé avec un orage bienvenu dans le massif des Maures, dans le Var, où  un incendie a parcouru un peu plus de 7.100 hectares ces derniers jours. En visite sur les lieux du sinistre, Julien Denormandie, le ministre de l’Agriculture, et Bérangère Abba, secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité, ont d’abord salué les pompiers avant de se rendre sur une exploitation viticole.

L’heure est encore à l’évaluation des dégâts mais le temps presse pour les vignerons, alors que les vendanges étaient imminentes. « On estime à peu près à un millier d’hectares de vignes brûlés et à plusieurs dizaines le nombre de domaines impactés. La priorité, dans le domaine viticole, c’est que le système assurantiel se mette en place », a déclaré Julien Denormandie. Une réunion avec les représentants des assureurs s’est tenue dans l’après-midi en préfecture, où le ministre a pu leur redemander de « jouer très rapidement leur rôle ».

Du charbon pour sauver en partie la récolte

Thierry Nonjon, le viticulteur chez qui s’est déroulée la visite, a vu douze de ses vingt hectares touchés. Il ne sait pas encore s’il va vendanger ce qui peut être sauvé. « Un technicien agricole doit passer, mais j’ai une parcelle qui est à température. Si je ne la récolte pas cette semaine, c’est passé », explique ce producteur de Côtes-de-Provence. Avec un résultat quoiqu’il arrive incertain : les épaisses fumées, les retombées de suies et les largages de produits retardants par les pompiers vont nécessairement altérer le goût des raisins.

C’est pourquoi Eric Pastorino, le président de l’appellation Côtes-de-Provence, a fait le nécessaire auprès de l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao), organisme public qui gère les AOP et autres AOC, pour autoriser les vignerons à utiliser un produit à base de charbon qui permet d’enlever les mauvaises odeurs. Une solution qui permettrait de commercialiser le vin en gardant son appellation. L’appellation Côtes-de-Provence s’étend sur près de 20.000 hectares, essentiellement dans le Var et les Bouches-du-Rhône.

Les tortues de la colère ?

Au-delà de ces aspects viticoles, des agriculteurs se sont montrés remontés, notamment contre les mesures imposées par la qualification de réserve naturelle nationale de la plaine des Maures, et l’on fait savoir aux représentants de l’Etat présent. Sylvain Audemard, le président de la FDSEA du Var, a regretté l’absence de pare-feu efficaces, dont la création est empêchée par l’interdiction du débroussaillage mécanique. Une disposition justifiée par le statut de réserve naturelle mais aussi par la présence, sur ce territoire, d’un des derniers habitats de tortues Hermann, seule espèce française.

« On ne demande qu’à entretenir nos parcelles et à curer nos ruisseaux sans avoir à remplir des piles de dossiers », a-t-il lancé au ministre et à la secrétaire d’Etat. De même, il a déploré l’abandon pour les mêmes raisons d’un projet de prolongation du canal de Provence qui pourrait amener de l’eau. « Il y a une colère, je n’ai jamais senti ça dans mon département. Parce qu’on savait que s’il y avait une allumette, tout partait. Il n’y a ni eau, ni pare-feu », a exprimé une représentante locale. « Il faut donner du pouvoir aux élus locaux, a abondé Sylvain Audemard. On a eu Nicolas Hulot et Didier Guillaume avant, mais ça n’avance pas, on tourne en rond à ce sujet. »