Rentrée : Comment ne pas prendre cher en retournant au travail après les vacances ?

POSITIVE ATTITUDE Le retour au travail est souvent synonyme de déprime et de moral en berne après l’euphorie des vacances

Jean-Loup Delmas
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La rentrée arrive, et comme chaque année, elle fait mal à notre moral
La rentrée arrive, et comme chaque année, elle fait mal à notre moral — Pixabay
  • Le café est froid, l’open space grisonnant et les collègues relous : pas de doute, c’est la rentrée.
  • Pour beaucoup de Français et Françaises, cette période est naturellement mal vécue (pour nous aussi d’ailleurs).
  • On fait le point pour affronter cette déprime professionnelle le mieux possible.

Après quatre semaines de vacances, beaucoup d'entre nous ont repris le chemin du travail la semaine dernière, nous pensant prêts à affronter la terrible échéance. Sept jours, dix pintes de café dans le sang et des cernes plus creusés que le trou de la Sécu post-Covid-19 plus tard, le constat est sans appel : cette rentrée professionnelle nous a roulés dessus et notre cœur pleure les mojitos sur la plage et l’air vivifiant des Pyrénées. Afin de rendre notre martyr utile à quelque chose, et alors que de nombreux Français et Françaises reprennent à leur tour le chemin des bureaux, des machines à cafés et des « Alors, tu as posé ta demi-journée ? » lorsqu’ils partiront à 17 heures, nous avons décidé de compiler ici quelques tips pour ne pas trop prendre cher lors de cette rentrée 2021 (ne nous remerciez pas, on est payé pour ça).

Le premier conseil est paradoxalement d’accepter de subir. Oui, la fin des vacances, c’est objectivement triste pour tout le monde, et oui, malgré tout l’intérêt que vous portez à votre boulot, vous avez le droit d’être chagrin et de vous dire que l’open space, c’est effectivement moins sympa que la plage. « Il ne faut pas chercher absolument à tout positiver. Reconnaître que c’est une période peu évidente permet aussi de mieux la digérer et d’être épanoui par la suite », avance Charlène Semay, psychologue du travail. Alors oui, déprimer début septembre afin d’être heureux pour la Toussaint peut sembler un calcul hasardeux, néanmoins la psychologue l’affirme : « Il n’y a rien de pire que le déni des émotions négatives pour les faire perdurer. »

Invitation au calme

Surtout qu’elle l’assure, ce spleen passager s’efface généralement plutôt vite, le temps de se réhabituer au rythme du travail et des réveils matins. D’ailleurs, pour nous ça va mieux, merci de vous en soucier. L’occasion de rappeler les évidences : « Se coucher plus tôt, reprendre une activité physique, manger plus sainement », liste à la volée Franck Irson, psychologue spécialiste en bien-être.

En un mot : ra-len-tir. Il rappelle : « L’erreur type, c’est de vouloir poursuivre le rythme des vacances avec le boulot en plus : sortie tous les soirs, veillée jusqu’à pas d’heure, etc. ». Ce rythme-là fonctionne en vacances, mais difficilement après huit heures de taff dans les pattes. Au contraire de cette frénésie, la reprise du travail peut être le moyen de faire le point sur soi et de passer du temps juste avec vous-même, chose rare en vacances si vous avez une vie sociale (et si ce n’est pas le cas, on ne peut pas régler tous vos problèmes en un article, désolé).

Se projeter

Néanmoins, si les vacances vous manquent trop et que le deuil est impossible, il existe une solution garantie 100 % d’efficacité : prévoir de repartir. « Dans l’idéal, il faudrait toujours, lorsque des vacances se terminent, avoir d’autres congés prévus plus tard », conseille Charlène Semay. Alors oui, cela demande de la logistique, beaucoup de jours de congés et un salaire décent, mais la liste des vertus dressée par la psychologue donne de quoi se bouger. Premièrement, cela permet de ne plus penser aux vacances précédentes, en pensant aux suivantes : adieu la nostalgie et le deuil, bonjour la planification. Deuxio, cela offre un horizon pour vos longues journées de boulot. Le fameux « plus que X semaines avant les vacances ».

Tercio, cela va vous rendre plus productif au taff : « On est meilleur quand on a une motivation et une sorte de récompense pour notre travail : en l’occurrence, les vacances », avance la psychologue. Un travail plus productif qui vous permettra peut-être d’échapper aux remarques acerbes de votre N + 3 « Alors, je vois qu’on a toujours l’esprit en vacances, il serait temps de s’y remettre », ce qui est toujours ça en moins dans les litanies de souffrances de la rentrée.

Voir quand même les bons points

Certes, on a passé toute l’intro du papier en mode moine tibétain « Il faut accepter la souffrance, c’est aussi ça vivre », mais quand même, cela ne veut pas dire de tout voir négativement non plus, et cette rentrée doit bien avoir aussi des bons côtés pour vous si vous cherchez dans les fonds de tiroir de votre moral. « Retrouver les collègues de bureaux qu’on aime bien, se débarrasser des gosses à l’école, souffler un peu après la frénésie des vacances, retrouver son chez-soi… », positivise Charlène Semay.

Franck Irson en rajoute une couche : « C’est l’opportunité rêvée d’un nouveau départ, de prendre de nouvelles bonnes habitudes, de changer deux trois choses à votre quotidien, de tester des choses. » Alors à vos résolutions, vos litres de café et vos meilleurs collègues, car vos si vacances sont bel et bien mortes, votre sourire n’est pas condamné à les rejoindre dans la tombe.