Pass sanitaire : 175.500 opposants ont défilé dans l’Hexagone, mobilisation en baisse pour le sixième samedi de manifestations

CORONAVIRUS Au total, le ministère de l'Intérieur a recensé 220 rassemblements

20 Minutes avec AFP
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Anti-pass sanitaire: Les mobilisations se poursuivent en France — 20 Minutes

A l’approche de la rentrée, les opposants au pass sanitaire et à toute obligation vaccinale contre le Covid-19 ont manifesté dans le calme ce samedi en France, beaucoup rejetant farouchement la vaccination des enfants et adolescents.

Selon le ministère de l’Intérieur, quelque 175.500 personnes sont descendues dans la rue ce samedi au sein de 220 rassemblements, dont 14.700 à Paris, où quatre manifestations étaient déclarées. Des rassemblements importants ont été enregistrés à Montpellier (9.500 personnes) et Toulon (6.000). La place Beauvau relate 20 interpellations à 19h et un membre des forces de l'ordre légèrement blessé.

La semaine dernière, les services de Gérald Darmanin avaient recensé 214.845 manifestants à l’échelle du pays, en légère baisse par rapport à la semaine précédente. Le collectif militant Le Nombre jaune avait dénombré 388.843 participants samedi 15 août, également en légère décrue par rapport aux 415.000 qu’il avait comptés le samedi précédent.

Jérôme Rodrigues à Pau

« Vaccinez-vous si vous voulez, mais on est contre un pass à l’hôpital ou pour aller faire ses courses, on demande l’abrogation de la loi », a clamé à Pau (77.000 habitants) Jérôme Rodrigues, une des figures emblématiques du mouvement des « gilets jaunes », face à 2.700 manifestants, selon la police.

A Lille, le cortège – de 3.200 personnes, selon la préfecture – avançait derrière la pancarte « Dégageons Macron avec son pass et ses réformes à la con ». Apparaissaient quelques pompiers ainsi que des soignants – soumis à la vaccination obligatoire – telle une femme en blouse blanche, brandissant la pancarte « hier héros, aujourd’hui salauds ? Je vais être virée ! »

« Ne touchez pas à nos enfants »

Parmi les manifestants, bon nombre de parents et grands-parents s’inquiétaient de l’éventuelle extension de la vaccination aux enfants de moins de 12 ans. Cette mesure n’est « pas d’actualité » en France, avait assuré jeudi le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer. Les 12-17 ans peuvent se faire vacciner depuis la mi-juin et 55 % d’entre eux ont déjà reçu une dose.

Des manifestants scandaient ainsi « ne touchez pas à nos enfants » en tête du cortège à Bordeaux. Tandis qu’à Lille, José Mata, professeur de 57 ans et grand-père, n’était pas convaincu par les discours officiels ni scientifiques et s’interrogeait : « Avec ce nouveau vaccin, même si le risque est peu élevé, il y a un risque quand même. On ne donne pas n’importe quel médicament aux enfants […], alors pourquoi un nouveau vaccin ? »

Selon les autorités, ils étaient 4.100 à manifester à Strasbourg, 3.400 à Bordeaux et à Toulouse, 3.000 à Bayonne, 2.500 à Nice, 2.300 à Nantes ou encore 2.000 à Caen. Les préfectures ont constaté un reflux à Toulon (avec 6.000 participants) mais une augmentation à Montpellier (9.500).

Sous les fenêtres de Didier Raoult à Marseille

Les manifestants parisiens se divisaient en quatre rassemblements, dont deux à l’initiative de collectifs de « gilets jaunes » et un à l’appel de Florian Philippot, ex-numéro 2 du Front national, chef de file des Patriotes et fer de lance de la contestation des mesures sanitaires. Monique Bourhis, 75 ans et « pas vaccinée », était venue en train de l’Eure manifester à Paris comme « tous les samedis » : « Je n’ai pas à montrer un document pour aller au café. Je ne suis pas contre le vaccin mais j’attends le (vaccin) français. Là, on saura ce qu’il y a dedans », a dit cette retraitée sensible au discours de M. Philippot, défiante envers les vaccins à ARN messager qu’elle assimile à « du poison ».

A Marseille, la foule de plusieurs milliers de manifestants s’est rendue devant l’institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses dirigé par Didier Raoult – promoteur d’un traitement très controversé des malades du Covid-19. Chantant « La Marseillaise », ils lui exprimaient leur soutien, après les déclarations du directeur-général de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille qui ne souhaite pas reconduire l’infectiologue de 69 ans à la tête de l’IHU Méditerranée Infection. « Ils veulent honteusement l’évincer ! », a également lancé à Paris Florian Philippot, des affichettes « touche pas à Raoult » étant apparu parmi les drapeaux français.