Nouvelle-Calédonie : Condamné pour violences conjugales, le chef de la gendarmerie a démissionné

POLEMIQUE Le colonel de 48 ans, à la tête de la Nouvelle-Calédonie, a été condamné en février 2020 à six mois de prison avec sursis pour des violences commises entre novembre 2017 et juin 2018 sur son épouse

M.F avec AFP
— 
Plusieurs dirigeants de Nouvelle-Calédonie ont souhaité jeudi le départ du commandant de la gendarmerie après la révélation du site d'information Mediapart de sa condamnation en 2020 pour violences conjugales.
Plusieurs dirigeants de Nouvelle-Calédonie ont souhaité jeudi le départ du commandant de la gendarmerie après la révélation du site d'information Mediapart de sa condamnation en 2020 pour violences conjugales. — Philippe LOPEZ / AFP

Un scandale avait éclaté mercredi en Nouvelle-Calédonie après une révélation de Mediapart. Le site d’information rapportait que Eric Steiger, nommé commandant de la gendarmerie du territoire français le 8 juillet, avait été condamné en 2020 pour violences physiques et psychologiques sur son épouse.

Après la vague d’indignation, ce dernier « a choisi de demander à être relevé de ses fonctions en Nouvelle-Calédonie », écrit Beauvau dans un communiqué ce vendredi. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin​ « a pris acte de cette décision » et un nouveau commandant sera « prochainement désigné », poursuit le texte.

Rappel du discours de Darmanin

La veille plusieurs élus avaient exigé que l’homme soit écarté de ce poste. « J’ai signalé cette nuit aux plus hautes autorités de l’Etat que cette fonction était incompatible avec ce type de délit et qu’il fallait au plus vite prendre la décision de renvoyer ce colonel en Métropole », avait écrit Sonia Backès, présidente de la province sud où se trouve Nouméa, sur sa page Facebook. L’élue non indépendantiste ajoutait que « dans un pays où 22 % des femmes sont victimes de violences, (…) la décision de changer la tête de la gendarmerie en Nouvelle-Calédonie ne doit pas souffrir d’une hésitation ».

Dans un communiqué, les députés Philippe Gomes et Philippe Dunoyer, et le sénateur Gérard Poadja, tous membres du parti de centre droit Calédonie Ensemble, considéraient que cette condamnation ont cité le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui a récemment affirmé que « tout gendarme condamné pour violences conjugales ne devait plus être en contact avec le public » et que « les traitements de ces violences seraient désormais prioritaires pour les policiers et gendarmes partout en France ».

Des réactions de tous les partis

Le président du Rassemblement-LR et ancien président du gouvernement, Thierry Santa, a pour sa part estimé « qu’aucun dépositaire de l’autorité publique ne peut continuer à exercer ses fonctions quand il se rend coupable de tels agissements ».

Faisant allusion au troisième référendum sur l’indépendance, qui se tiendra le 12 décembre, les indépendantistes du FLNKS ont eux « exigé le remplacement immédiat du numéro un de la gendarmerie qui ne saurait incarner la droiture et l’engagement de l’exercice des compétences régaliennes sur place, qui à ce jour, est encore aux mains de l’Etat ».

Bloquée contre une armoire la tête violemment tordue

Ce colonel de 48 ans avait écopé en première instance en février 2020 de six mois de prison avec sursis pour des violences commises entre novembre 2017 et juin 2018, avant de voir sa peine réduite en appel à 6.000 euros d’amende par la cour d’appel de Paris, a rapporté le site d’investigation.

Le site précise que l’épouse d’Eric Steiger avait, dans sa plainte déposée début juin 2018, expliqué avoir été bloquée contre une armoire la tête violemment tordue et avoir été insultée « d’illettrée, saleté ou grosse conne ». La fille aînée du couple serait intervenue plusieurs fois pour venir en aide à sa mère.

Eric Steiger est arrivé en Nouvelle-Calédonie en août 2020 en qualité de commandant en second de la gendarmerie avant d’être promu. Contactée, la gendarmerie en Nouvelle-Calédonie a fait savoir qu’il n’y aurait « aucune réaction, ni commentaire ».