Coronavirus aux Antilles : L'armée va acheminer 100 tonnes d'oxygène médical en Martinique

EPIDEMIE Cet approvisionnement doit également concerner la Guadeloupe

20 Minutes avec AFP
— 
Du personnel médical militaire en renfort au CHU de Martinique
Du personnel médical militaire en renfort au CHU de Martinique — Marine Nationale-POOL/SIPA

L’acheminement de plus de 100 tonnes d’oxygène médical en Martinique doit permettre de prévenir tout risque de pénurie dans une île qui connaît, comme sa voisine la Guadeloupe, une explosion de cas du variant Delta du Covid-19.

Florence Parly, ministre des Armées, a annoncé lundi un premier voyage du navire Dumont d’Urville de la Marine nationale pour livrer de l’oxygène aux Antilles, frappées de plein fouet par la quatrième vague de l’épidémie.

Parti le 15 août depuis la Guyane, il « devrait accoster à Fort-de-France le 19 août pour mettre ces stocks d’oxygène à la disposition de l’Agence régionale de santé », indique son communiqué.

Si la Martinique ne connaît pas aujourd’hui de pénurie d’oxygène, il s’agit de prévenir d’éventuelles tensions, a précisé le ministère des Outre-mer.

Cet approvisionnement doit également concerner la Guadeloupe, selon l’Agence régionale de Santé locale.

Des tensions possibles pour les patients à domicile

En attendant, « les établissements et les fournisseurs affirment maîtriser la situation à ce jour », a écrit l’ARS de Guadeloupe dans un communiqué envoyé vendredi soir. Même si « la consommation en oxygène a très significativement augmenté (…) les consommations sont suivies quotidiennement » et les « fournisseurs ont renforcé leur approvisionnement en oxygène gazeux et liquide ».

« La totalité des capacités de production d’oxygène de notre unité de séparation de gaz de l’air située en Martinique est à présent dédiée à la production d’oxygène médical. A ce jour, les quantités d’oxygène médical livrées ont été multipliées par 8 en Martinique et par 6 en Guadeloupe », indiqué le groupe Air Liquide, un des principaux fournisseurs d’oxygène médical au monde, sollicité par l’AFP.

Selon l’ARS, la situation est cependant un peu plus compliquée hors de l’hôpital : « dix prestataires sont autorisés en ville » pour l’oxygène médical, délivré à domicile à partir de concentrateurs d’oxygène, « c’est à ce niveau que des tensions existent étant donnée l’augmentation brutale de la demande », explique le communiqué de l’ARS.

L’ARS prévient également : « Si les patients ne peuvent pas bénéficier d’oxygène à domicile, ils seront hospitalisés en médecine en attendant ».

En fin de semaine dernière, le taux d’incidence était de plus de 2.015 cas pour 100.000 personnes en Guadeloupe, près de 1.200 pour la Martinique.