Pass sanitaire : 214.845 manifestants en France selon l'Intérieur pour le cinquième week-end consécutif de mobilisation

MANIFESTATION Plus de 200 manifestations étaient organisées à travers la France ce samedi

20 Minutes avec AFP
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Pass sanitaire: Nouvelle journée de mobilisation sur l'ensemble de la France — 20 Minutes

Ils ne désarment pas : un total de 214.845 personnes, dont 13.900 à Paris, ont défilé ce samedi pour le cinquième week-end consécutif contre le pass sanitaire, soit une mobilisation en baisse par rapport à samedi dernier, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. A 19h, les autorités recensaient 217 actions, seulement 11 interpellations et un blessé parmi les forces de l’ordre.

Dans la capitale, les deux principaux cortèges ont battu le pavé derrière un large éventail de mots d’ordre tels que « libérons la France », « stop coronafolie » ou « reprends ton pass Macron et dégage ». « Il y a une division entre ceux qui ont le pass, et donc des privilèges, et les autres », selon Béatrice Cazal, 47 ans, qui défilait dans la capitale à l’appel de Florian Philippot et son mouvement des Patriotes. Dans le défilé parisien concurrent organisé par des « gilets jaunes », Yann Fontaine, un clerc de notaire de 30 ans venu de l’Indre, a vu dans le pass sanitaire « une mesure liberticide, ségrégationniste ».

Mobilisation hétéroclite

Deux cortèges distincts se sont aussi formés à Lyon, où l’un a défilé aux cris d'« A bas la big pharma » entre le quartier de Confluence et la place Bellecour, interdite aux manifestants par arrêté préfectoral, et l’autre, autorisé, a marché sur la rive gauche du Rhône. « Je ne comprends pas ces demi-mesures sur le pass : obligatoire pour les restaurants, mais pas les relais-routiers, les infirmières mais pas les policiers », a rouspété Josiane Chaine, une retraitée de 69 ans vaccinée qui « ne supporte plus le mépris du gouvernement ».

Au moins 47.700 manifestants, selon la police, ont défilé sans incident ce samedi dans le Sud-Est, un foyer majeur de contestation. Ils étaient 22.000 à Toulon (19.000 la semaine dernière) et 6.000 à Nice (10.000 le 7 août). Quelque 7.500 personnes ont défilé à Montpellier, 6.000 à Marseille, 3.000 à Lyon et 2.650 à Lille, une affluence comparable à celle du week-end précédent, et encore 4.200 à Bordeaux, contre 3.300 la semaine passée, selon les préfectures.

Le week-end dernier, 237.000 personnes avaient été comptabilisées par le ministère de l’Intérieur, régulièrement accusé par les manifestants de sous-estimer la protestation anti-pass sanitaire. Le collectif militant Le Nombre Jaune, qui publie un décompte ville par ville, avait recensé samedi dernier plus de 415.000 participants « minimum » en France. Leur estimation pour la mobilisation de ce samedi n’était pas disponible dans l’immédiat.

« De la propagande »

Sans incident majeur jusque-là, la contestation attire aussi bien familles et primo-manifestants apolitiques que soignants ou pompiers en tenue, et dépasse la seule mouvance anti-vaccin ou complotiste. Une frange de ce mouvement très divers, sans véritable tête, assume un antisémitisme décomplexé, pendant que certains centres de vaccination ou pharmacies sont traités de « collabos » et victimes d’actes de malveillance.

Ces accusations agacent le gouvernement, confronté à une une explosion meurtrière de l'épidémie en Guadeloupe et en Martinique. Depuis la Martinique reconfinée, le ministre de la Santé Olivier Véran a fustigé jeudi un mouvement « dont on parle beaucoup trop », et qui arbore « des pancartes extrêmement bariolées et des motifs parfois extrêmement douteux, voire complètement crades. »

L’exécutif espère toujours convaincre les indécis pour atteindre l’objectif de 50 millions de Français ayant reçu une première injection à la fin du mois d’août, en brandissant la situation catastrophique aux Antilles comme un repoussoir. « C’est faux, c’est de la propagande », a rétorqué ce samedi une manifestante bordelaise, Françoise, 55 ans. Le dialogue de sourds entre manifestants et gouvernement pourrait se poursuivre au-delà des vacances. De nombreux protestataires se sont inquiétés ce samedi d’une hypothétique obligation vaccinale des enfants pour aller à l’école, et une manifestation nationale déjà prévue le 4 septembre.