Manche : Un migrant décédé après le naufrage d'une embarcation

IMMIGRATION L’embarcation dans laquelle il tentait de traverser la Manche avec une trentaine d’autres personnes a fait naufrage

20 Minutes avec AFP
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Une tentative de traversée de la Manche par des migrants (illustration).
Une tentative de traversée de la Manche par des migrants (illustration). — Marine nationale

Un migrant est décédé ce jeudi en tentant de rallier l’Angleterre à bord d’une embarcation chargée de 36 exilés, naufragée au large de Dunkerque. La victime avait été hélitreuillée « inconsciente » lors de l’opération de sauvetage, menée ce jeudi matin dans la Manche , a précisé le parquet de Dunkerque. Ce dernier a ouvert une enquête pour homicide involontaire, mise en danger de la vie d’autrui et aide à l’entrée et au séjour irréguliers.

Selon le parquet, la victime est un homme de 25 à 30 ans, d’origine africaine. Selon des témoignages de passagers recueillis par l’association d’aide aux migrants Utopia 56, il serait Erythréen. Selon ces témoignages, « le moteur s’est arrêté, le bateau a commencé à sombrer, cinq hommes ont alors sauté à l’eau, ils ont jeté toutes leurs affaires », a rapporté Nikolaï Posner, d’Utopia 56, présent à l’arrivée des rescapés au port.

« En train de couler »

Selon la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord, l’alerte a été donnée vers 10h au centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) Gris-Nez. Un cargo a signalé une embarcation en difficulté, avec « certaines personnes se trouvant à la mer », à environ 24 km des côtes françaises. Un hélicoptère de l’armée de l’air belge arrivé sur place a indiqué que l’embarcation était « en train de couler ».

Plusieurs naufragés ont été treuillées par l’hélicoptère jusqu’à bord du Flamant, patrouilleur de la Marine nationale, et de navires de pêche. L’homme décédé a d’abord été récupéré par un canot de sauvetage du cargo, Elena, avant son évacuation vers l’hôpital de Calais, où il est décédé, selon le parquet. « L’ensemble des naufragés » restants ont été récupérés et débarqués au port de Dunkerque, où ils ont été pris en charge par le service départemental d’incendie et de secours et la police aux frontières, d’après la préfecture maritime.

« Phénomène en croissance continue »

Ce drame intervient sur fond d’envolée du nombre d’exilés tentant la traversée : « on est déjà au-dessus de l’an dernier en six mois, cela donne une idée de l’importance du phénomène qui est en croissance continue », indiquait début août le préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord, Philippe Dutrieux.

En 2020, plus de 9.500 traversées ou tentatives de traversées de ce type avaient été recensées, déjà quatre fois plus qu’en 2019, selon un bilan de la préfecture maritime française. Le 5 août, le ministère britannique de l’Intérieur avait de son côté fait part d’un chiffre record d’arrivants sur les côtes anglaises en 24h : au moins 482 migrants.

Verrouillage

Selon le décompte de l’agence de presse britannique PA, plus de 10.000 personnes ont effectué depuis le début de l’année la traversée du détroit. Le phénomène a pris de l’ampleur fin 2018, sur fond de verrouillage croissant des accès aux ferries et à l’eurotunnel, malgré les mises en garde répétées des autorités qui soulignent le danger lié à la densité du trafic, aux forts courants et à la basse température de l’eau.

En visite à Calais le 24 juillet, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait affirmé avoir demandé à l’agence européenne de surveillance des frontières Frontex « de s’occuper du nord de l’Europe » et « singulièrement du littoral Nord-Pas-de-Calais ».

Depuis le début de l’été, le trafic migratoire dans la Manche n’a jamais été aussi intense. Il s’agit du premier migrant trouvant la mort dans le détroit du Pas-de-Calais en 2021. En 2020, six personnes y avaient trouvé la mort et trois portées disparues, après quatre morts en 2019.