Sécurité routière : Emmanuel Macron demande la suspension du contrôle technique des deux-roues, un demi-tour qui passe mal

GARAGE Avec cette décision, le président de la République va à l’encontre de la législation européenne

M.F avec AFP
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Emmanuel Macron
Emmanuel Macron — Eric Gaillard/AP/SIPA

A la demande d’Emmanuel Macron, le nouveau contrôle technique des deux-roues, rendu obligatoire par la législation européenne a été « suspendu jusqu’à nouvel ordre », a indiqué jeudi le ministère des Transports. Une décision qui survient seulement un jour après l’annonce de son instauration.

Rendue obligatoire par la législation européenne et finalement instaurée après des années de délais par décret mercredi pour une entrée en vigueur en 2023, cette mesure avait provoqué la grogne des fédérations de motards.

« Pas le moment d’embêter les Français »

« Après avoir découvert cette mesure, le président de la République a décidé que ce n’était pas le moment d’embêter les Français », a expliqué un conseiller de l’exécutif. « Avec la crise sanitaire, le pass, on leur demande déjà beaucoup. On peut être pour la sécurité sans embêter les Français dans leur quotidien, a priori sans adhésion de leur part »

Après une discussion jeudi matin avec le chef de l’Etat, le ministre Jean-Baptiste Djebbari « a convenu avec les fédérations de se retrouver à la rentrée pour échanger largement sur les différents sujets les concernant », a indiqué une porte-parole du ministère.

Motards mécontents

Ce nouveau contrôle technique devait concerner tous les véhicules motorisés à deux, trois et quatre roues, scooters de 50 cm3 et voitures sans permis compris. La directive européenne cite plusieurs dizaines de points de contrôle concernant les freins, les pneumatiques, l’éclairage ou le bruit.

Au printemps 2021, plusieurs milliers de motards avaient manifesté à travers la France contre la mise en place de ce contrôle technique, réclamant à l’Etat de déroger à cette directive européenne.

Un recul vu comme « une honte absolue » pour Ras le scoot

Les motards avaient également manifesté leur désapprobation de la réforme du stationnement à Paris, qui prévoit notamment le stationnement payant dès 2022 pour les deux-roues motorisés thermiques.
L’association Ras le scoot avait salué jeudi matin cette décision qui venait « rompre avec des années d’hésitation des pouvoirs publics jusqu’alors tétanisés face au lobby motard ». « C’est une honte absolue ! », a réagi l’association dans l’après-midi sur Twitter.