Paris : Les tests Covid-19 sont-ils facturés plus chers aux touristes étrangers ?

REPORTAGE « 20 Minutes » a enquêté sur les tarifs des tests antigéniques proposés aux touristes étrangers dans les pharmacies et centres de dépistage éphémères parisiens

Maÿlis Dudouet (avec A.L.)
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Panneau de pharmacie parisienne - photo d'illustration
Panneau de pharmacie parisienne - photo d'illustration — © Clément Follain / 20 Minutes
  • 20 Minutes a vérifié les prix proposés pour les tests contre le Covid-19 aux touristes étrangers dans des pharmacies de la capitale.
  • Les tests antigéniques peuvent être facturés entre 25 et 40 euros suivant l’endroit où se trouve la pharmacie ou la tente du centre de dépistage éphémère.
  • Un tarif indicatif est fixé à 25 euros.

Cet été, les touristes étrangers qui voulaient se faire tester au Covid-19 ont dû mettre la main au porte-monnaie. Depuis le 7 juillet, ces derniers doivent entièrement s’acquitter des frais de dépistage, sauf en cas de prescription médicale ou d’identification formelle d’un cas contact par l’Assurance maladie. A Paris, le moyen le plus rapide se trouve en pharmacie, sous la forme d’un test antigénique.

Mais à quel prix ? Sur le site ameli.fr, il est précisé que « sans caractère médical, les personnes venant en séjour temporaire en France et relevant d’un régime étranger de Sécurité sociale doivent dépenser 43,89 euros pour un test PCR et 25 euros pour un test antigénique. » 20 Minutes a mené l’enquête dans différents quartiers touristiques de la capitale, afin de déterminer si les frais de dépistage s’envolent en pharmacie lorsque l’on ne possède pas la carte Vitale. En se faisant passer pour des touristes, nous sommes entrés dans les enseignes aux croix vertes ainsi que quelques centres de dépistage éphémères direction Rivoli, Saint-Michel, les Champs-Elysées, Bastille, Pompidou mais aussi Austerlitz…

« Il n’y a pas de texte réglementaire »

Première surprise, si une partie facture bien 25 euros le test antigénique, la majeure partie n’hésite pas à dépasser cette somme indicative. On retrouve des différences de l’ordre de 4 à 5 euros (pour un total respectif de 29 et 30 euros). Sur les Champs-Elysées, la facture s’élève même à 40 euros. A Rivoli, le test peut se chiffrer 36 euros, ici dans le cas de centres de tests éphémères.

Comment expliquer de tels écarts ? Interrogé sur la question, Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) déclare : « Pour les personnes non soumises à l’Assurance maladie, il n’y a pas de texte réglementaire. Le tarif n’est pas bloqué, ni en plus ni en moins. Il n’y a pas de contraintes. » Quant aux montants supérieurs au tarif de 25 euros transmis « à titre indicatif », « les écarts sont peut-être dus à la TVA de 20 % », selon lui, là encore pour les tests non remboursés par l’Assurance maladie, ce qui correspond à des différences de l’ordre de 5 euros.

Pas de réponse de la DSS ni de la DGS

C’est pourtant faux. Contactée, la direction de la Sécurité sociale (DSS) explique que l’arrêté du 1er juin 2021 qui encadre la prise en charge des tests virologiques limite les rémunérations « y compris lorsque les examens ne sont pas pris en charge par l’assurance maladie ». « Les professionnels de santé ne peuvent donc pas facturer plus cher que les tarifs fixés même si les tests ne sont pas pris en charge », précise à 20 Minutes Carine Delpy, responsable de la communication à la direction de la Sécurité sociale.