Jeune homme abattu par la police à Marseille : Une marche blanche pour demander « la vérité »

MARCHE BLANCHE Le 4 août, Souheil El Khalfaoui, 19 ans, a été tué par balle par un policier au cours d’un contrôle routier auquel il tentait d’échapper, dans le quartier de la Belle-de-Mai, selon la police

20 Minutes avec AFP
Le jeune homme a été abattu lors d'un contrôle routier. (illustration)
Le jeune homme a été abattu lors d'un contrôle routier. (illustration) — GERARD JULIEN / AFP
  • Quelque 300 personnes ont défilé mercredi soir à Marseille dans le silence et le recueillement pour demander « la vérité » sur la mort de Souheil.
  • Le 4 août, Souheil El Khalfaoui, 19 ans, a été tué par balle par un policier au cours d’un contrôle routier auquel il tentait d’échapper, dans le quartier de la Belle-de-Mai, selon la police.
  • « D’après les dires concordants de plusieurs témoins oculaires, confirmés par leurs enregistrements vidéos, Souheil n’a pas tenté de repartir avant le tir », oppose son père.

« Policiers et citoyens tous égaux devant la justice », « De nombreux témoignages contredisent la thèse de la légitime défense », « Vérité sur la gestion des premiers secours »… Derrière ces banderoles, quelque 300 personnes ont défilé mercredi soir à Marseille dans le silence et le recueillement pour demander « la vérité » sur la mort de Souheil, jeune homme tué par le tir d'un policier lors d’un contrôle.

« Les témoignages des riverains et des passants sont très troublants à plus d’un titre et contredisent la version officielle des faits », a déclaré au micro Issam El Khalfaoui, le père du jeune homme.

Le 4 août, Souheil El Khalfaoui, 19 ans, a été tué par balle par un policier au cours d’un contrôle routier auquel il tentait d’échapper, dans le quartier de la Belle-de-Mai, avait indiqué au lendemain des faits une source policière.

Deux enquêtes judiciaires ouvertes, l’IGPN saisi

Selon cette même source, le jeune conducteur se trouvait dans son véhicule en stationnement quand des policiers s’étaient approchés pour le contrôler, mais avait fait une marche arrière et percuté un policier. Ce contrôle avait été effectué au lendemain d’un premier contrôle auquel il avait refusé d’obtempérer, selon cette même source.

« D’après les dires concordants de plusieurs témoins oculaires, Souheil et son ami (qui était sur le siège passager, NDLR) ne se sont pas montrés agressifs vis-à-vis des policiers », « d’après les dires concordants de plusieurs témoins oculaires, confirmés par leurs enregistrements vidéos, Souheil n’a pas tenté de repartir avant le tir », a égrené au micro son père.

Deux enquêtes judiciaires ont été ouvertes. La première, pour « homicide volontaire », confiée à l’Inspection générale de la police nationale. Elle vise « le décès du jeune conducteur » et a pour objet de « déterminer les conditions de l’ouverture du feu par un des policiers alors qu’un de ses collègues se trouvait heurté par le véhicule et projeté au sol », avait indiqué à l’AFP la procureure de Marseille Dominique Laurens. La seconde, confiée à la police judiciaire porte « sur les conditions dans lesquelles le jeune homme décédé » a utilisé son véhicule « à l’encontre des policiers procédant au contrôle ».

« Mon fils avait déjà eu affaire à la police et à la justice dans ses errements d’adolescent en souffrance (…) mais rien de tout cela n’amoindrit le respect dû à la vie », a souligné son père demandant à la « justice d’effectuer son travail en toute rigueur et transparence ».