Pass sanitaire : « J’irai faire mes courses ailleurs »… Premiers contrôles dans les centres commerciaux

REPORTAGE Surpris par la nouvelle consigne, certains clients ont exprimé leur ras-le-bol lundi. Mais la majorité s'est montrée compréhensive. Illustration en Loire-Atlantique

Frédéric Brenon
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L'entrée du centre commercial Océane, à Rezé, où le pass sanitaire est désormais exigé.
L'entrée du centre commercial Océane, à Rezé, où le pass sanitaire est désormais exigé. — F.Brenon/20Minutes
  • Pour accéder à certains centres commerciaux français, le pass sanitaire est désormais obligatoire pour les plus de 18 ans.
  • C'est le préfet de département qui décide ou non de l'obligation.
  • En Loire-Atlantique, les clients ont semblé surpris lundi.

Il n’y a pas que dans les bars, restaurants, trains et hôpitaux que le pass sanitaire est obligatoire. Dans certains grands centres commerciaux, si le préfet le juge nécessaire, la présentation d’un justificatif de vaccin ou d’un test négatif est également exigée depuis lundi matin. La Loire-Atlantique fait partie des départements français concernés. Les clients de cinq hypermarchés de plus de 20.000 m2 doivent ainsi justifier d’un document papier ou électronique pour accéder ne serait-ce qu’à la galerie marchande.

Au centre commercial Océane, à Rezé, le contrôle s’effectue par un agent de sécurité juste après le passage des portes automatiques. La démarche, qui crée une file d’attente plus ou moins longue selon les flux, a surpris la plupart des clients lundi. « Je ne savais pas. Je croyais qu’il n’y avait pas d’obligation dans les centres commerciaux. Tant pis, je reviendrai plus tard », s’étonne Matthieu, vacciné mais gentiment refoulé faute de justificatif sur lui. « Il va falloir penser à sortir toujours avec, même pour acheter un paquet de pâtes », souffle-t-il. Son voisin de derrière sourit. Lui aussi est vacciné mais n’avait pas oublié le précieux sésame. « Je garde le papier dans mon portefeuille au cas où. C’est obligatoire dans certaines enseignes, pas dans d'autres. C'est un peu difficile à suivre mais, s’il faut en passer par là pour en finir avec ce foutu virus, je suis d’accord. 

« Moi je ne marche pas là-dedans ! »

Malgré l’étonnement exprimé, le contrôle du vigile est globalement accueilli avec compréhension. « Ça se passe bien. Il y a quelques râleurs mais ça va », confie l’un des agents. Il faut dire que ceux-ci ne se montrent pour l’instant pas trop exigeants. La simple présentation d’un QR code, sans vérification, suffit pour passer. « Quitte à réclamer le pass, c’est un peu dommage de ne pas scanner, estime Géraldine, cliente vaccinée. Mais, bon, j’imagine que sinon ça allongerait la file d’attente. Ça ne sert à rien de décourager les gens. »

File d'attente devant un contrôle de pass sanitaire dans un centre commercial de l'agglomération nantaise.
File d'attente devant un contrôle de pass sanitaire dans un centre commercial de l'agglomération nantaise. - F.Brenon/20Minutes

Dépourvu de justificatif, Jean-Pierre, lui, a fait demi-tour en pestant face au refus ferme du vigile. « Déjà, je n’étais pas au courant qu’il fallait le pass, ce n’est affiché nulle part, s’agace-t-il. En plus, je considère ce pass sanitaire comme excessif. Moi je ne marche pas là-dedans ! J’irai désormais faire mes courses ailleurs, auprès des petits commerçants. Ce ne sera pas plus mal. » Lucas, 19 ans, lui aussi, en a « ras-le-bol ». Non vacciné même s’il n’est « pas contre la vaccination », il considère la consigne abusive. « A Noël on s’entassait dans les grandes surfaces et maintenant, en plein été, alors qu’il n’y a plus grand monde dans les rayons et que le virus est moins fort, on nous barre l’accès. »

« Si on veut s'en sortir, on n'a pas le choix »

Henriette, retraitée vaccinée, défend la mesure. « Il y a des gens de mon âge qui ne veulent pas entendre parler de la vaccination. Ils sont têtus comme des biques. Mais si on veut s’en sortir, on n’a pas le choix », est-elle convaincue.

A Nantes, au centre commercial Beaulieu, lui aussi concerné par le pass sanitaire, la déception des clients non vaccinés était bien moindre ce lundi. Car malgré de larges panneaux d’avertissement à l’entrée, aucun contrôle n’était effectué au niveau des portes. « C’est cool en fait », rigole un groupe de filles. « Les contrôles débuteront mardi », prévient un salarié, en train d’installer un marquage au sol.

Contactée, la direction du groupe Leclerc n’a pas souhaité communiquer. La direction du centre commercial Beaulieu n’a pas non plus répondu à nos sollicitations.