Prêtre tué en Vendée : Qui est Emmanuel A., incendiaire de la cathédrale de Nantes, désormais suspecté de meurtre ?

HOMICIDE Ce quadragénaire de nationalité rwandaise avait été mis en examen pour l'incendie de la cathédrale de Nantes en juillet 2020 et avait été libéré en juin

Frédéric Brenon
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Un officier de police devant la cathédrale de Nantes le 20 juillet 2020, quelques jours après l'incendie
Un officier de police devant la cathédrale de Nantes le 20 juillet 2020, quelques jours après l'incendie — Loic VENANCE / AFP
  • Emmanuel A. s'est présenté à la gendarmerie pour avoué le meurtre d'un homme d'église.
  • Il attendait d'être jugé pour l'incendie de la cathédrale de Nantes un an plus tôt.
  • En France depuis 2012, ses demandes d'asile avaient été rejetées.

Un prêtre appartenant à la congrégation des Missionnaires Montfortains a été retrouvé mort à Saint-Laurent-sur-Sèvre, à l’est de la Vendée. Un homme s’est présenté ce lundi matin à la gendarmerie en se déclarant responsable du crime. Le suspect, âgé de 40 ans, est loin d’être inconnu de la justice. Il avait en effet avoué il y a près d'un an être l’auteur de l’incendie de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes, survenu le 18 juillet 2020.

Il avait été mis en examen le 26 juillet 2020 pour destruction et dégradation volontaire par incendie. Après avoir passé dix mois en détention provisoire, il avait finalement été remis en liberté, sous contrôle judiciaire, en juin dernier, dans l’attente de son procès. L'homme était sorti le 29 juillet de l'hôpital Georges Mazurelle à la Roche-Sur-Yon où il avait été en soins psychiatriques pendant un mois, a-t-on indiqué de source policière. Il séjournait depuis au sein de la congrégation, non loin de Cholet (Maine-et-Loire).

Une obligation de quitter le territoire

De nationalité rwandaise, Emmanuel A. est arrivé en France en 2012 après avoir fui son pays natal, le Rwanda, où il se disait en danger. Cet homme très pieux s’était intégré à la communauté chrétienne de Nantes et habitait dans un foyer avec d’autres membres du clergé. Il était devenu l’un des bénévoles en charge de missions au sein de la cathédrale de Nantes, notamment celle de fermer les portes. Dès son arrivée en France, il avait effectué de nombreuses démarches en vue d’obtenir l’asile mais toutes avaient été rejetées, malgré le soutien du diocèse. Il faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français depuis 2019​.

Le matin du 18 juillet 2020, il est suspecté d’avoir mis volontairement le feu à trois endroits distincts de la cathédrale à l’aide d’un produit inflammable. Après avoir nié lors d’un premier interrogatoire, le bénévole avait été « soulagé » d’avouer l’incendie, selon son avocat Quentin Chabert, qui évoquait ensuite un homme « coopérant ».

L’individu, qui a été marqué par le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, était décrit il y a un an comme « courtois », « doux » mais « refermé sur lui-même » et en « désespérance » en raison de sa situation administrative. Emmanuel A., lui-même, avait adressé au diocèse de Nantes début 2019 un « cri de détresse », se jugeant dans « un cercle vicieux déplorable ». Il disait, par ailleurs, avoir été victime quelques jours plus tôt avant l'envoi de ce courrier d’une agression devant la cathédrale, un événement qui aurait fragilisé sa santé mentale, selon La Croix.