Pass sanitaire en Nouvelle-Aquitaine : A Agen et Bordeaux, enquêtes sur de faux certificats de vaccination et de tests PCR

SANTE Deux enquêtes viennent d’être ouvertes par les parquets de Bordeaux et Agen pour des trafics de faux certificats de vaccination et faux tests PCR négatifs

Mickaël Bosredon
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Le Parc des Expositions de Bordeaux Lac a été  choisi pour accueillir le grand vaccinodrome de la métropole bordelaise.
Le Parc des Expositions de Bordeaux Lac a été choisi pour accueillir le grand vaccinodrome de la métropole bordelaise. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • A Bordeaux, deux vacataires du vaccinodrome du parc des expositions ont été déférées mercredi devant le parquet et seront poursuivies pour « faux, usage de faux » et « corruption passive ».
  • L’une des deux a reconnu avoir monnayé les faux certificats de vaccination, qu’elle facturait entre 80 et 150 euros.
  • A Agen, ce sont deux employées du centre hospitalier qui ont été déférées mercredi également, à la suite d’une enquête interne à l’établissement.

A Agen (Lot-et-Garonne) et Bordeaux (Gironde), deux enquêtes viennent d’être ouvertes concernant des trafics de faux certificats de vaccination et de faux tests PCR négatifs.

A Bordeaux, deux vacataires employées respectivement depuis le mois de mai et de juin au vaccinodrome de Bordeaux-Lac, ont été déférées mercredi, a appris 20 Minutes ce jeudi auprès du parquet de Bordeaux. Elles sont poursuivies pour « faux, usage de faux » et « corruption passive ». Il s’agit de deux jeunes femmes, âgées de 18 et 20 ans, embauchées comme intérimaire pour l’une et chargée de mission pour l’autre. « La plus âgée a reconnu avoir fait une quinzaine de fausses attestations moyennant finance, l’autre a reconnu en avoir fait deux, mais conteste avoir perçu le moindre centime pour cela » nous précise le parquet.

« En marchandant un peu, certains avaient droit à un prix de groupe pour toute la famille… »

En garde à vue, la plus âgée des deux femmes a indiqué « avoir perçu une somme globale d’un peu plus de 1.000 euros. » « Elle a expliqué avoir fait cela pour l’argent, mais aussi parce qu’elle considère qu’une personne qui ne veut pas se faire vacciner a le droit de ne pas l’être tout en continuant à vivre normalement, sans être exclue de certains endroits… Moyennant finance quand même », souligne le parquet.

Les certificats étaient vendus entre 80 et 150 euros. « En marchandant un peu, certains avaient droit à un prix de groupe pour toute la famille… » ajoute le parquet. Egalement entendus, les bénéficiaires de ces attestations ont expliqué « avoir une phobie des médicaments pour l’une, tandis que l’autre ne voulait pas être vacciné tout en estimant qu’il devait continuer à avoir accès à toutes les infrastructures de quelque nature qu’elles soient… » Ces clients feront l’objet de poursuites par ordonnance pénale, avec réquisitions de 2.000 euros d’amende.

Les deux jeunes femmes avaient été surprises par des collègues en train d’éditer ces fausses attestations, et de les mettre de côté, avant de les remettre à leurs clients lors de rendez-vous à l’extérieur du vaccinodrome. Elles seront prochainement convoquées devant le tribunal judiciaire.

Arrangements entre proches au sein de l’hôpital d’Agen

A Agen (Lot-et-Garonne) une enquête a été ouverte à l’intérieur même du centre hospitalier d’Agen-Nérac. Une infirmière et une secrétaire administrative ont été déférées mercredi devant le parquet, soupçonnées d’avoir réalisé des faux tests PCR et de faux passeports vaccinaux, qu’elles remettaient ensuite à leur famille. Elles avaient été placées en garde à vue lundi, au cours de laquelle elles ont reconnu les faits.

Contacté par 20 Minutes, le parquet d’Agen précise que « l’on est sur une volumétrie restreinte de trois documents et sans contrepartie financière, mais pour répondre à des demandes de proches. Il faut donc relativiser la notion de trafic. »

Tout est parti d’une dénonciation interne au sein du centre hospitalier. Contactée par 20 Minutes, la direction de l’hôpital d’Agen-Nérac confirme les faits. « En toute fin de semaine dernière, nous avons été informés en interne de possibles faux résultats de tests PCR qui auraient été faits par deux de nos professionnels. Nous avons mené une enquête interne, et au regard de ce qui est ressorti nous sommes allés déposer plainte contre X. C’est un sujet très sensible, et inacceptable s’il est avéré. Une action disciplinaire devrait se mettre en place rapidement. »

Ces deux employées ont été placées sous contrôle judiciaire, avec interdiction d’exercer leurs fonctions, dans l’attente de leur comparution devant le tribunal judiciaire le 28 septembre prochain, pour faux et usage de faux.