Manifestations anti-pass sanitaire: Prison avec sursis pour deux hommes à Paris

CORONAVIRUS A Paris, 25 personnes avaient été placées en garde à vue à l’issue des rassemblements, marqués par quelques heurts. Cinq ont été déférés au tribunal ce lundi pour y être jugés en comparution immédiate

20 Minutes avec AFP
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Manifestation à Paris, le 31 juillet 2021, dans le cadre d'une journée nationale de protestation contre l'instauration du pass sanitaire.
Manifestation à Paris, le 31 juillet 2021, dans le cadre d'une journée nationale de protestation contre l'instauration du pass sanitaire. — ALAIN JOCARD / AFP

Deux hommes ont été condamnés lundi par le tribunal correctionnel de Paris à des peines de prison avec sursis pour, notamment, des violences sur les forces de l'ordre lors de la manifestation samedi contre le pass sanitaire.

A Paris, 25 personnes avaient été placées en garde à vue à l'issue des rassemblements, marqués par quelques heurts, qui ont réuni 14.250 manifestants dans la capitale et 204.090 en France.

Cinq comparution immédiate ce lundi

Cinq d'entre eux ont été déférés au tribunal pour y être jugés en comparution immédiate, notamment pour «violences sur personne dépositaire de l'autorité publique».

Le premier, 20 ans, habitant à Beauvais, est soupçonné d'avoir, «visage dissimulé» et casquette sur la tête, jeté des projectiles sur les forces de l'ordre, lors de la dispersion du cortège près de la place de la Bastille. Au moment de son interpellation, il a donné «des coups de pied et de poing» à deux gendarmes et a montré «une résistance très forte», ont témoigné ces derniers sur procès verbal.

Le jeune homme, titulaire d'un bac en menuiserie et actuellement en service civique à Pôle emploi, a nié toute violence, expliquant avoir «résisté» mais sans porter de coups après avoir été «malmené» par les gendarmes mobiles. Il a été condamné à un mois de prison avec sursis et 400 euros de dommages et intérêts pour les deux gendarmes. «C'est honteux !», s'est écrié son père, en quittant la salle d'audience où de nombreux soutiens aux prévenus avaient pris place.

Des casiers judiciaires vierges

Le deuxième homme, agent municipal de 46 ans, comparaissait pour avoir insulté un policier, lui avoir donné un coup de pied et s'être débattu lors de son menottage.

Il a reconnu avoir frappé «le mauvais fonctionnaire», après avoir vu un autre porter un coup de bouclier à une femme, et avoir proféré des insultes lors de son interpellation en réponse à celles des forces de l'ordre. Il s'est excusé auprès du policier qui assistait à l'audience, présence «très rare» soulignée par le parquet.

Le quadragénaire a été condamné à trois mois de prison avec sursis et 300 euros de dommages et intérêts.Le ministère public avait requis trois et cinq mois de prison avec sursis contre les deux hommes, au casier judiciaire vierge.

Un rappel à la loi, cinq procédures classées sans suite

Les trois autres suspects n'avaient pas encore comparu lundi en fin d'après-midi.

Parmi les personnes gardées à vue, douze autres ont été déférées lundi au tribunal en vue d'éventuelles poursuites. Un autre suspect a fait l'objet d'un rappel à la loi et cinq procédures ont été classées sans suite, selon un décompte du parquet de Paris. Le cas de deux mineurs a été transmis aux parquets de leur lieu de domiciliation.