Police : Les « experts » de la police technique et scientifique recrutent

CONCOURS Les candidats ont jusqu’au 10 septembre pour s’inscrire et tenter de décrocher un des 94 postes ouverts

20 Minutes avec AFP
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Des enquêteurs de la police scientifique et judiciaire enquêtent sur la voiture laissée par les auteurs de la fusillade de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015.
Des enquêteurs de la police scientifique et judiciaire enquêtent sur la voiture laissée par les auteurs de la fusillade de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Ils sont les partenaires indispensables des enquêteurs. Les policiers techniques et scientifiques cherchent à renforcer leurs rangs et ouvrent à partir de lundi un guichet d’inscription pour un nouveau concours de recrutement. Si ces « experts » sont connus du grand public au travers de films et de séries, ils le sont nettement moins dans la réalité.

« Si on nous voit, cela signifie que ça va mal, qu’il y a un problème », s’amuse Jessica Gadaleta, technicienne principale de Police technique et scientifique (PTS), en poste en Martinique depuis mars 2020.

Des modalités d’accès différentes

Les candidats ont jusqu’au 10 septembre pour s’inscrire via le site www.devenirpolicier.fr et tenter de décrocher un des 94 postes ouverts (55 postes ouverts en externe, et 39 postes en interne). Cette année, les modalités d’accès ont changé. Pour pouvoir présenter sa candidature, il faut avoir le bac. « Les épreuves sont celles du bac, en mathématique, chimie et SVT (sciences de la vie et de la terre) », explique Jessica Gadaleta.

Elle relève qu’il s’agit d’un concours déconcentré. C’est-à-dire qu’un postulant posant sa candidature dans le Grand Est ira, s’il est sélectionné, en poste dans cette région. « Il ne pourra pas aller à Bordeaux ». Le nombre et la spécialité des postes ouverts ne sont pas les mêmes selon les régions.

Un vaste choix de spécialités

L’éventail des spécialités de la PTS est vaste : il va de la criminalistique conventionnelle (recherche de traces papillaires, prélèvements sur les scènes de crimes et délits, photographies, biologie, balistique etc...) à la criminalistique numérique, en plein essor. Au sein de la PTS, certains spécialistes sont rares, comme ceux qui pratiquent la morphoanalyse (analyse des projections de sang). Ils ne sont qu’une dizaine actuellement.

Quant aux analyses et identification de traces d’ADN qui sont également pratiquées par la PTS, Mme Gadaleta explique que des juges, des procureurs décident parfois de les confier à des laboratoires privés, comme cela a été le cas avec un matelas retrouvé dans la maison de la sœur de Michel Fourniret​.

Un « travail de fourmi »

« En cas d’urgence, ils font ce choix, car un laboratoire privé peut traiter plus vite la demande que la PTS, en charge d’analyses aussi nombreuses que variées », poursuit la technicienne. Pour elle, la Police technique et scientifique, en dépit de ses performances, n’est pas pour autant l’alpha et l’oméga de la résolution d’une enquête. « C’est une aide à l’enquête. On apporte des éléments concrets. Mais parfois, cela ne donne rien. On n’a pas d’éléments, de traces ».

« L’enquête est primordiale », ajoute-t-elle, en citant le cas d’une enquêtrice qui au terme d’un « travail de fourmi » a réussi à découvrir, trois ans après les faits, les auteurs d’un cambriolage avec tentative d’homicide pour lequel aucun indice n’avait été découvert.