Les violences sexuelles toujours plus nombreuses au 1er semestre 2021, selon le ministère de l'Intérieur

CRIMINALITE En juin 2021, il a eu 15 % de violences sexuelles en plus que le même mois de l’année dernière

M.F avec AFP
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Plusieurs centaines d'étudiants ont manifestes contre violences sexuelles, sexismes dans les écoles et dans les universités. France le 6 mars 2021.
Plusieurs centaines d'étudiants ont manifestes contre violences sexuelles, sexismes dans les écoles et dans les universités. France le 6 mars 2021. — SEVGI/SIPA

La crise sanitaire n'a pas fait baisser le nombre de violences sexuelles. Les plaintes pour ces actes enregistrées par la police et la gendarmerie ont augmenté de 15 % en juin et de 9 % en mai par rapport aux mêmes mois en 2020. Des niveaux bien supérieurs à ceux d’il y a un an, mais aussi par rapport « au niveau d’avant le confinement », ainsi que ceux du premier trimestre de 2021, rapporte la note de conjoncture du service statistique du ministère de l’Intérieur (SSMSI). Ainsi, d’avril à juin, ces violences ont progressé de 5 %.

Le service statistique explique cette hausse par le fait que « dans un contexte de libération de la parole et d’amélioration de l'accueil des victimes par les services de police et de gendarmerie, le nombre de violences sexuelles (signalées) augmentait depuis fin 2017 ». Il ajoute que cette tendance à la hausse « était marquée sur la période précédant la crise sanitaire ». Mais la libération de la parole n’est pas la seule raison. Selon plusieurs indicateurs, s’il y a plus de plaintes pour violences sexuelles, c’est qu’il y a aussi plus de violences sexuelles depuis le début de la crise sanitaire​.

« Le confinement a fortement influencé les conditions de dépôt de plainte »

Le service de statistique souligne que « les indicateurs de la délinquance présentent des évolutions très atypiques depuis mars 2020 », le SSMSI prévient que « l’interprétation s’avère très complexe ». « Le confinement, poursuit-il, a fortement influencé les conditions de dépôt de plainte (…) certaines formes de délinquance ne peuvent pas s’exercer dans le contexte du confinement ou du couvre-feu tandis que d’autres sont renforcées ».

« A l’exception des escroqueries, des coups et blessures volontaires sur personne de 15 ans et plus, et des violences sexuelles, poursuit le SSMSI, tous les indicateurs restent nettement inférieurs à leur niveau d’avant le premier confinement, alors qu’en septembre 2020 la majorité d’entre eux avaient retrouvé voire dépassé ce niveau ».