EDF : Suspendu, le projet de réforme du groupe n’aboutira pas avant la fin du mandat de Macron

ENERGIE Le PDG d’EDF a regretté ce contretemps

M.F avec AFP
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Le grand projet de réforme d'EDF ne pourra pas aboutir avant la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron l'an prochain faute d'accord avec la Commission européenne dans ce dossier.
Le grand projet de réforme d'EDF ne pourra pas aboutir avant la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron l'an prochain faute d'accord avec la Commission européenne dans ce dossier. — Mario FOURMY/SIPA

Ne parvenant pas à trouver un accord avec la Commission européenne, le gouvernement a suspendu le grand projet de réforme d' EDF. « A ce stade, les discussions n’ont pas abouti » avec Bruxelles et « il n’est pas envisageable d’avoir un projet de loi au Parlement dans l’immédiat », a indiqué mercredi une source gouvernementale.

Cela signifie que le projet de refonte du groupe ne pourra pas aboutir avant la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron et le début de la prochaine campagne présidentielle, l’an prochain. Ce jeudi, le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, n'a pas caché sa déception lors d'une conférence de presse. « Nous regrettons que cette réforme qui est indispensable pour EDF ne puisse se conclure maintenant » a-t-il expliqué. 

Les syndicats de l’électricien opposés à la réforme

Ce projet de réorganisation – d’abord baptisé « Hercule » puis « Grand EDF » – était combattu par les syndicats de l'électricien, qui y voyaient un risque de démantèlement, tout comme par un large spectre de l’opposition. Aux yeux de l’exécutif, l’idée était de permettre à EDF, lourdement endetté, de pouvoir investir dans les renouvelables tout en rénovant son parc nucléaire.

Un accord avec Bruxelles, gardien de la concurrence en Europe, était toutefois nécessaire. Un accord global avec la Commission aurait en outre permis de régler un vieux différend sur les barrages hydroélectriques. Mais Paris et Bruxelles s’opposaient notamment sur le degré de séparation entre les différentes entités d’EDF qui auraient été créées avec la réforme. La France souhaitait que son champion reste « intégré ».

« Il y a eu des progrès mais il n’y a pas d’accord global », estime-t-on au gouvernement. Or l’exécutif n’a pas souhaité une réforme « tronquée » ou « précipitée ». « On est toujours convaincu de la nécessité de faire cette réforme », ajoute la même source.