Bordeaux : L’idée de la start-up Fullbus pour éviter les trajets à vide des autocars

TRANSPORT Fullbus vient de se lancer et propose à la vente, via une plateforme, des places à petits prix pour remplir les autocars de tourisme sur leurs trajets retour

Elsa Provenzano
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Fullbus veut remplir les cars de tourisme sur leurs trajets à vide.
Fullbus veut remplir les cars de tourisme sur leurs trajets à vide. — Annie Spratt
  • Fullbus propose aux particuliers des places dans des cars de tourisme qui font des trajets à vide habituellement.
  • Lancée le 1er juin 2021, la start-up bordelaise a déjà de bons retours et prévoit de se développer au niveau national.
  • Les places sont vendues à petits prix, établis en fonction du nombre de kilomètres parcourus. Il faut compter cinq euros pour un trajet de moins de 100 kilomètres.

Pas de voyages à vide ! C’est le mot d’ordre de la start-up bordelaise Fullbus. « Depuis cinq ans, mon père est chauffeur d’autocar en Gironde après une reconversion. Cela le tracassait vraiment de rentrer à vide sur de grands trajets comme de Madrid à Bordeaux ou de Strasbourg à Saint-Jean-de-Luz », raconte la Bordelaise Clémence Camby, 24 ans. Alors qu’elle est étudiante en communication l’idée fait son chemin et à l’heure de son mémoire de fin d’étude en 2019, elle décide de développer une société proposant à la vente les places vides des autocars de tourisme. Clément Léonard et Léa Lajaunias, camarades de promo, se joignent à elle pour mettre au point le projet et la société Fullbus est créée le 1er juin 2021.

Clément Léonard, Léa Lajaunias et Clémence Camby ont crée ensemble Fullbus.
Clément Léonard, Léa Lajaunias et Clémence Camby ont crée ensemble Fullbus. - Fullbus

Rodage oblige, Fullbus ne propose qu’une dizaine de trajets en cette fin de mois de juillet après des contrats passés auprès de compagnies présentes partout en France. Sur ce mois de juillet, Fullbus estime à environ 1.500 le nombre de voyageurs potentiels, à partir d’une trentaine de trajets (Versailles-Bordeaux, Bordeaux-Angers, Bordeaux-Poitiers, Marseille-Monaco, etc.) offrant une capacité moyenne de 50 places sur toute la France. « On signe nos contrats petit à petit, au fil de l’eau, commente Clémence Camby. Notre objectif pour le mois d’août est de développer notre offre un peu plus en Paca, en Bretagne et en région bordelaise. »

Fullbus s’adapte aux dessertes des compagnies un peu atypiques (Bordeaux-Marmande, Paris-La Réole), tout en essayant de rentabiliser un maximum de places laissées vides. « Quand on prend de nouveaux trajets, on réfléchit avec les compagnies pour proposer des arrêts dans des villes intermédiaires afin de développer leur offre et garantir un peu plus de passagers, précise Clémence Camby, mais toujours dans l’optique de ne pas contraindre trop le chauffeur, dont il faut respecter le temps de conduite et les pauses obligatoires ».

De petits prix

Sur le site Fullbus, les prix sont fixes et établis en fonction du nombre de kilomètres parcourus. Ils ne varient pas selon la saison ni le délai de réservation. Les trajets de moins de 100 km sont par exemple proposés à cinq euros. L’idée est de proposer de petits prix sachant que les trajets sont effectués, avec ou sans passagers. La majorité des recettes est reversée aux compagnies et la société Fullbus se rémunère sur la somme restante.

Les compagnies d’autocars de tourisme ont forcément accueilli très favorablement la démarche de Fullbus, a fortiori dans un contexte marqué par une crise sanitaire qui a beaucoup réduit leur activité ces derniers mois. La start-up bordelaise gère la mise en vente à partir du planning d’exploitation des entreprises autocaristes, la relation avec les voyageurs et le service après-vente.

Une application mobile est en cours de développement par Fullbus qui se donne trois mois pour affiner ses offres et faire carton plein.