Des étudiants inventent une couverture « chauffante, imperméable et isolante » pour les sans-abri

SOLIDARITE La couverture « Move on EcoBlanket », créée par quatre étudiants de l’université de Cergy, est fabriquée à partir de matériaux écoresponsables

Maÿlis Dudouet
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Une personne sans-abri à Paris. (Illustration)
Une personne sans-abri à Paris. (Illustration) — Clément Follain / 20 Minutes
  • Dans le cadre d’un projet de fin d’études, quatre étudiants en biologie de l’université de Cergy ont créé une couverture imperméable aux propriétés chauffantes et isolantes.
  • Lauréat du concours wweeddoo Green, cette couverture devrait faire l’objet d’une dernière phase de test fin août avant sa distribution.
  • Parmi les matériaux utilisés pour la concevoir, on retrouve notamment des emballages en cire d’abeille et des paquets de chips recyclés, ou encore de la colle de poisson destinée à l’assemblage.

« On a d’abord pensé aux intempéries auxquelles sont soumis les sans-abri », se souvient Emilie, étudiante en licence de biologie à l’université de Cergy ( Val-d'Oise). Dans le cadre d’un projet de fin d’études, la jeune femme et ses trois camarades Anushia, Youssra et Dilan ont souhaité agir à leur échelle. Leur initiative prend la forme d’une couverture « chauffante, imperméable et isolante », intitulée « Move on EcoBlanket », à destination des personnes sans domicile fixe.

« Le problème avec les couvertures de survie, c’est qu’elles ont beau être imperméables, elles ne sont pas chauffantes. On a voulu trouver des matériaux qui avaient cette propriété en relation avec la filière biologique, tout en gardant un effet imperméable. » Et la liste des matériaux écoresponsables a de quoi étonner : emballages alimentaires « à base de cire d’abeille », « paquets de chips » recyclés en guise de sous-couche, « colle de poisson » pour l’assemblage, « ouate de cellulose » pour ses propriétés isolantes.

Dernière phase de tests prévue fin août

Et pour concevoir la couverture, ce groupe d’amis n’a pas hésité à mettre de sa poche. Aidés par la suite d’une cagnotte en ligne, ils ont pu concevoir une « version miniaturisée ». Avant le prototype final qu’ils soumettront fin août à une dernière phase de test. « On a déjà rencontré un sans-abri que l’on devrait revoir pour améliorer la couverture. On écoutera ses conseils pour pouvoir l’aider au mieux. » Objectif ? Perfectionner l’innovation le plus tôt possible pour en faire don au plus grand nombre. « On aimerait étendre aux sans-abri de la région parisienne, puis à la France entière, et pourquoi pas à l’international », se projette l’étudiante.

Le concept est également lauréat du concours wweeddoo Green, un appel à projets en faveur du climat à destination des jeunes de 13 à 30 ans, hébergé par une plateforme collaborative. Outre le coup de pouce des 500 euros de récompense, la diffusion de la couverture devra tout de même passer par d’autres phases de financements, avant une distribution « en lien avec les associations. »

A Paris, 2.785 personnes sans-abri ont été recensées en mars dernier, à l’occasion de la « Nuit de la solidarité ».