Montpellier : L’Église protestante célèbre la première union entre deux pasteures lesbiennes

MARIAGE POUR TOUTES L’Eglise protestante unie de France (EPUdF) a célébré ce samedi la bénédiction à Montpellier (Hérault) du premier mariage de pasteures lesbiennes

20 Minutes avec AFP
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Illustration d'un panneau indiquant un temple protestant.
Illustration d'un panneau indiquant un temple protestant. — GILE MICHEL/SIPA

Une première depuis le synode de 2015 ouvrant la possibilité de bénir des couples de même sexe. L’Eglise protestante ​unie de France (EPUdF) a célébré ce samedi la bénédiction au temple protestant de Maguelone à Montpellier (Hérault) du premier mariage de pasteures lesbiennes, a-t-on appris ce lundi.

« On y va petit à petit, il y a une dimension symbolique importante », a expliqué à l’AFP le pasteur Jean-François Breyne, qui a présidé samedi cette première bénédiction. « Il y a une réalité [sur la question du mariage homosexuel dans l’Eglise protestante] qui avance, de fait, assez rapidement », poursuit le pasteur, ravi de « l’impact » de cette célébration pour ses « deux jeunes collègues ».

« On a fêté ça comme un mariage banal »

Emeline Daudé et Agnès Kauffmann sont les premières pasteures lesbiennes à s’être dit « oui » depuis que l’Eglise protestante unie de France a décidé d’élargir ses possibilités d’accompagnement liturgique, comme l’a rapporté le journal Le Monde.

« On a fêté ça comme un mariage banal, c’est une étape de franchie pour l’église », témoigne Agnès. « Les personnes LGBT ont besoin de voir d’autres personnes LGBT engagées, y compris dans le milieu des religions », renchérit Emeline. Les deux femmes, respectivement 31 et 33 ans, sont actuellement « proposantes », en début de carrière pour devenir pasteures.

« Ça reste un sujet sensible »

Adoptée lors d’un vote des délégués du synode national à Sète (Hérault) en mai 2015, la possibilité de bénir des couples gays ou lesbiens, a suscité des oppositions au sein de l’EPUdF. « Il y avait des paroisses et quelques collègues réticents » à autoriser cette bénédiction, se souvient Jean-François Breyne.

« Ça reste un sujet sensible », confirme Daniel Cassou, pasteur et responsable de la communication pour l’EPUdF. « Il a fallu deux ans de mûrissement, de maturation, de dialogue, pour qu’un accord se dégage pour accepter de donner cette autorisation », poursuit-il.

La décision du synode de 2015 laisse toutefois une liberté de discernement, précisant que cette bénédiction n’est « ni un droit, ni une obligation » et qu’elle « ne s’impose à aucune paroisse, à aucun pasteur ».

Concernant le mariage, la théologie protestante ne reconnaît pas de sacrement (seuls le baptême et la cène sont reconnus comme tel) mais célèbre une bénédiction accordée après une cérémonie civile pour les personnes hétérosexuelles ou homosexuelles.

Après la Mission populaire évangélique, l’EPUdF est la deuxième Église protestante en France à pratiquer ce « geste liturgique ». Selon Daniel Cassou, une trentaine d’Eglises protestantes dans le monde ont donné leur autorisation à bénir les couples de même sexe.