Polynésie : Emmanuel Macron est arrivé à Papeete pour une visite de quatre jours

OUTREMER Le chef de l’Etat devrait notamment aborder la question des conséquences des essais nucléaires sur la santé des habitants

20 Minutes avec AFP
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Emmanuel Macron à son arrivée à Papeete, le 24 juillet 2021.
Emmanuel Macron à son arrivée à Papeete, le 24 juillet 2021. — Jacques Witt/SIPA

Le premier déplacement d’Emmanuel Macron en Polynésie française aurait dû se faire en 2020. Mais la crise sanitaire avait à l’époque contraint le chef de l’Etat de modifier ses plans. C’est donc finalement samedi après-midi (dimanche matin à Paris) que le président de la République est arrivé à Papeete, sur l’île de Tahiti. Il a prévu d’entamer sa visite de quatre jours par un hôpital et de se rendre dans quatre îles.

Emmanuel Macron a été accueilli par deux Orero, Tekava Dauphin et Tuariki Teai, des artistes spécialisés dans l’art déclamatoire en tahitien. Les adolescents lui ont souhaité la bienvenue en soulignant que le peuple Polynésien « attendait ses paroles » et « croyait en l’espérance ». Au président qui le félicitait et le remerciait, Tuariki Teai a répondu « je t’en prie » l’immergeant dans une Polynésie accueillante où tout le monde se tutoie.

Mettre en avant la vaccination

Cette visite sera évidemment marquée par la crise sanitaire. En rencontrant pendant son séjour des équipes soignantes, le chef de l’Etat veut « réaffirmer la solidarité nationale durant la crise », mais également « insister sur la nécessité de la vaccination », assure l’Elysée. Si la Polynésie est une collectivité régie par un statut particulier datant de 2004 et qui est compétente en matière de santé, c’est sur l’Etat que reposent la gestion de crise et les mesures restrictives.

L’autre préoccupation des habitants est l’héritage empoisonné des essais nucléaires menés par l’Etat français de 1966 à 1996. Le Collectif du 17 juillet prévoit au moins trois manifestations durant la visite du chef de l’Etat. La question est particulièrement sensible. « Selon nos données de la Caisse de Prévoyance Sociale (Sécurité sociale locale, NDLR), les femmes polynésiennes, entre 40 et 50 ans, ont le taux de cancers de la thyroïde le plus important du monde », explique Patrick Galenon, ex-président du conseil d’administration de la CPS. Il estime également que la CPS a dépensé 670 millions d’euros pour les maladies radio-induites depuis 1985, et souhaite le remboursement de ces dépenses par la France.

Candidature des Marquises au patrimoine mondial

« C’est une demande qui nous paraît légitime pour les victimes ayant fait l’objet d’une indemnisation par le CIVEN (Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires) », a répondu Olivier Véran début juillet lors de la tenue d’une table ronde sur les conséquences des essais nucléaires, à Paris. Les engagements évoqués lors de cette table ronde devraient être précisés par le chef de l’Etat.

Emmanuel Macron se rendra en outre sur l’île d’Hiva Oa pour appuyer la candidature des Marquises à l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco, et sur l’atoll de Manihi dans les Tuamotu où il visitera une centrale électrique hybride (photovoltaïque/diesel) qui a permis de faciliter l’électrification de l’atoll. Il aura l’occasion d’évoquer l’importance stratégique de l’archipel, et également les défis climatiques qu’il rencontre.