Loire : Un imam suspendu après des propos jugés discriminatoires envers les femmes

RELIGION L’imam avait demandé aux « femmes musulmanes désireuses d’entrer au Paradis (d') obéir à (leur) mari (…) veiller aux droits d’Allah et à ceux de leur époux »

20 Minutes avec AFP
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Un homme musulman lit le Coran dans la Grande mosquée de Paris, le 13 avril 2021.
Un homme musulman lit le Coran dans la Grande mosquée de Paris, le 13 avril 2021. — ISA HARSIN/SIPA

L’imam comorien de la principale mosquée de Saint-Chamond (Loire) a été suspendu de ses fonctions à la suite de propos discriminatoires envers les femmes tenus lors de l'Aïd el-Kébir, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

« Mmadi Ahamada a été suspendu de ses fonctions, comme demandé par la préfète de la Loire qui l’a convoqué hier après-midi », a déclaré à l’AFP Nabil Douibi, porte-parole de la mosquée Attakwa. Le porte-parole, ainsi que le président de l’association cultuelle qui gère cette mosquée, Abdelnacer Zaïdi, ont refusé de se prononcer sur le prêche incriminé, dont le contenu est jugé « discriminatoire et contraire à l’égalité femme/homme », selon la préfète de la Loire, Catherine Séguin.

Une élue RN s’était indignée

Cette dernière ajoute dans un communiqué, que « conformément aux instructions du ministre de l’Intérieur, la question du non renouvellement de son titre (de séjour) est à l’étude ». Dans une vidéo du prêche du 20 juillet, postée sur la page Facebook de la mosquée, l’imam s’adresse à plusieurs centaines d’hommes réunis en plein air, jour de l’Aïd el-Kébir, tantôt en arabe, tantôt en français. Il demande aux « femmes musulmanes désireuses d’entrer au Paradis (d') obéir à (leur) mari (…) veiller aux droits d’Allah et à ceux de leur époux ».

« Restez dans vos foyers et ne vous exhibez pas de la manière des femmes d’avant l’islam et ne soyez pas trop complaisantes dans votre langage » , exhorte le religieux, qui les invite à ne pas céder à « l’accomplissement de la corruption et du vice ». La conseillère régionale RN Isabelle Surply, avait dénoncé mardi ce prêche, reprochant à cette mosquée « une conception inégalitaire du droit des femmes ».