Coronavirus : Non, être vacciné ne prive pas d’assurance-vie en cas de décès

FAKE OFF Contrairement à ce qu'affirme une intox relayée depuis plusieurs mois 

Alexis Orsini

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Vaccination contre le Covid-19 à Paris, le 13 juillet 2021 (illustration).
Vaccination contre le Covid-19 à Paris, le 13 juillet 2021 (illustration). — Michel Euler/AP/SIPA
  • La vaccination contre le Covid-19 aurait-elle pour effet pervers et inattendu de vous priver de votre assurance-vie en cas de décès ?
  • C'est ce qu'affirme une rumeur virale sur les réseaux sociaux, relayée depuis plusieurs mois et qui connaît un regain de visibilité ces derniers jours.
  • Il s'agit cependant d'une intox démentie par la Fédération française de l'assurance, qui rappelle que « les contrats d’assurance ne prévoient pas d’exclusions relatives aux conséquences d’une vaccination ».

« Relisez vos contrats d’assurance-vie. En cas de traitements expérimentaux comme le vaccin [contre le] Covid-19, vous ne serez pas indemnisés en cas d’infirmité ou décès. Idem pour ceux qui ont pris une assurance décès avec un crédit. »

Tel est l’avertissement diffusé sur les réseaux sociaux, ces derniers jours, par un internaute loin d’être isolé : plusieurs tweets, vidéos ou articles de blogs dénoncent ce même scandale – à l’instar de Réseau international, dans un texte intitulé « Simplissime : les contrats d’assurance-vie et de prêts interdisent la vaccination anti-Covid ».

« Pour ceux qui sont engagés à rembourser un prêt ou qui ont souscrit une assurance-vie, si le contrat stipule qu’il sera caduc en cas de problème suite à un essai thérapeutique, alors comme les vaccins anti-Covid sont encore en phase de tests (phase 3) au mieux jusqu’en fin 2022, ceux qui le signent seront dans la m… », peut-on y lire.

De quoi inquiéter les personnes vaccinées ayant par ailleurs souscrit ce type de contrat… mais à tort, puisqu’il s’agit d’une intox qui circule depuis quelques mois déjà.

FAKE OFF

Dès mars 2021, la Fédération française de l’assurance (FFA) avait ainsi démenti cette rumeur sur son site et regretté « les tentatives de désinformation sur un sujet de santé publique aussi essentiel que la vaccination ».

Contactée par 20 Minutes, elle indique avoir « été informée d’une rumeur qui évoque l’existence d’une clause, dans les contrats des prêts immobiliers, stipulant que les personnes ayant contracté un prêt "ne peuvent pas faire partie d’expérimentations médicales", sinon "le prêt immobilier pourrait être caduc" et les banques "auraient légalement le droit de récupérer leur bien immobilier". »

Cette rumeur « relaie l’idée que les vaccins anti-Covid sont des expérimentations médicales et que, suivant cette logique, une vaccination contre le Covid-19 pourrait rendre un accord caduc et entraîner la confiscation du bien. Or, une telle clause n’existe pas. […] Les contrats d’assurance ne prévoient pas d’exclusions relatives aux conséquences d’une vaccination », poursuit-elle.

En outre, les vaccins contre le Covid-19 ont suivi toutes les étapes requises pour pouvoir bénéficier d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) conditionnelle, qui permet, contrairement à une AMM « classique », de soumettre des données nouvelles après son lancement – et qui accélère, dans ce cas de figure, le déploiement des vaccins contre le coronavirus.

Comme le rappelaient récemment nos confrères de l'AFP Factuel, l’Agence nationale du médicament (ANSM) indique bien que « l’AMM conditionnelle rassemble tous les verrous de contrôles d’une autorisation de mise sur le marché standard pour garantir un niveau élevé de sécurité pour les patients ».