Loire-Atlantique : Il invente un drone flottant pour guider les plaisanciers dans les ports

INNOVATION Des essais sont effectués depuis plusieurs semaines dans le port de la Turballe en Loire-Atlantique

David Phelippeau

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Le drone inventé par Christophe Martin dans un port.
Le drone inventé par Christophe Martin dans un port. — Monthabor
  • Christophe Martin a inventé un drone de plaisance ​flottant, doté d’une intelligence artificielle et pilotable à distance depuis la capitainerie d’un port.
  • L’entrepreneur a créé la société Monthabor à Saint-Nazaire il y a deux ans et espère commercialiser son produit au printemps prochain.

Christophe Martin n’est pas ingénieur. Ce chef d’entreprise de la région parisienne a pourtant inventé un objet relevant du domaine de la haute technologie en 2019 : un drone de plaisance ​flottant, doté d’une intelligence artificielle et pilotable à distance depuis la capitainerie d’un port. « Je suis un passionné de bateau de plaisance, explique celui qui a fondé la société Monthabor avec sa femme Michèle il y a deux ans à Saint-Nazaire. Lors d’escales, c’était souvent compliqué de manœuvrer et de trouver sa place dans le port où on devait amarrer. C’est accidentogène, garer un bateau ce n’est pas comme garer une voiture… » L’idée d’ un drone au service des plaisanciers germe alors dans la tête de Christophe Martin.

Christophe Martin et sa femme Michèle.
Christophe Martin et sa femme Michèle. - Monthabor

Ce dernier y voit trois intérêts : « accueillir les bateaux qui ne connaissent pas le port et les accompagner à la place qui est déterminée par la capitainerie, repérer grâce à l’intelligence artificielle les places disponibles et, enfin, une fonction de nettoyage avec un ramassage des déchets flottants ». Cette ultime fonction n’a rien de nouveau car il existe des robots nettoyeurs depuis plusieurs années. En revanche, un drone servant de guide aux bateaux, « c’est une première mondiale », selon Christophe Martin, qui a déposé un brevet à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI).

Le drone est doté de caméras et d’un avertisseur sonore

Le projet reçoit un écho extrêmement favorable du côté des plaisanciers et surtout du côté des capitaineries. « A la haute saison, les personnels du port sont souvent débordés, ou sur l’eau. Le drone permet de dégager les agents de certaines missions et leur donne donc plus de temps pour l’accueil sur les pontons. »

Le drone permet aussi de ramasser des déchets flottants.
Le drone permet aussi de ramasser des déchets flottants. - Monthabor

Pour concevoir ce drone doté de caméras, d’un avertisseur sonore et d’une station d’accueil permettant la recharge des batteries électriques et la mise à l’eau, Christophe Martin s’est entouré de nombreux prestataires. « J’ai fait appel à des sociétés de prototypage. » Il y investit beaucoup de temps et d’énergie au point de stopper sa société spécialisée dans les travaux sur cordes. De l’argent aussi. Près de 350.000 euros de fonds propres. Il reçoit aussi des aides. Le projet est lauréat du concours « Inventons le port du futur à La Turballe » ​et de l’appel à projet « Pays-de-la-Loire port de plaisance innovant ». La région l’aide à hauteur de 106.000 euros.

Depuis plusieurs semaines et jusqu’en décembre, de nombreux tests sont effectués dans le port de la Turballe. Début juillet, la société Monthabor s’est munie de locaux et bureaux à Saint-Nazaire. Un salarié va être bientôt recruté. Objectif : « la commercialisation d’un produit qui ne s’adresse qu’aux ports de plaisance au printemps prochain ». Christophe Martin, qui « n’a pour l’heure aucune intention d’achat », imagine plutôt « un modèle économique de location de 36 mois » de son drone car « c’est un produit qui va être évolutif ».